La ministre des Enseignements secondaires, Pauline Nalova Lyonga, serre la vis. Dans un communiqué daté du 6 février 2026, la Délégation régionale du Centre du MINESEC interdit formellement l'organisation de caravanes, kermesses et manifestations assimilées dans les établissements secondaires publics et privés durant la célébration de la Semaine de la jeunesse.
Le ton du communiqué adressé aux chefs d'établissements, aux membres de la communauté éducative et aux élèves ne laisse place à aucune ambiguïté : les caravanes et kermesses qui ont traditionnellement marqué les célébrations de la Semaine de la jeunesse sont désormais proscrites.
Cette décision s'inscrit dans le cadre des "hautes directives" de la ministre Pauline Nalova Lyonga, qui entend manifestement reprendre le contrôle sur des festivités jugées trop souvent dévoyées de leur objectif initial.
Selon les autorités académiques, cette mesure répond à plusieurs impératifs clairement identifiés :
Recentrer la Semaine de la jeunesse sur sa vocation éducative et citoyenne, loin des dérives festives qui ont pu être observées par le passé.
Prévenir les risques sécuritaires et les débordements constatés lors des précédentes éditions, où caravanes et kermesses ont parfois échappé au contrôle des encadreurs.
Garantir un encadrement pédagogique conforme à la vision ministérielle du système éducatif national, en privilégiant des activités porteuses de valeurs civiques et véritablement formatrices pour les élèves.
L'interdiction ne signifie pas pour autant l'annulation pure et simple de la Semaine de la jeunesse. Les établissements sont invités à organiser des activités alternatives, mais strictement encadrées et à caractère éducatif.
L'accent est mis sur des célébrations "porteuses de valeurs civiques et formatrices", dans le respect de la philosophie originelle de cet événement inscrit au calendrier scolaire camerounais.
Le communiqué ne se contente pas d'édicter une interdiction. Il engage directement la responsabilité des chefs d'établissements, qu'ils soient publics ou privés.
Ces derniers sont appelés à :
Veiller scrupuleusement à l'application de cette instruction
Assurer une large diffusion de la mesure au sein de leurs communautés éducatives
Prendre toutes les dispositions nécessaires pour éviter tout manquement
Pour donner du poids à cette interdiction, les autorités académiques brandissent la menace de sanctions. "Tout contrevenant à cette mesure s'exposera à des sanctions disciplinaires et administratives", prévient le communiqué.
Cette mise en garde vise autant les responsables d'établissements qui fermeraient les yeux sur d'éventuelles infractions que les organisateurs directs d'activités prohibées.
Cette décision s'inscrit dans une logique plus large de reprise en main du système éducatif par le MINESEC. Après des années où la Semaine de la jeunesse a parfois donné lieu à des excès (absences non justifiées, consommation d'alcool, comportements à risque), les autorités entendent redonner à cet événement sa dimension éducative originelle.
Reste à savoir comment cette interdiction sera accueillie par les élèves, habitués à considérer cette période comme un moment de détente et de festivités dans le calendrier scolaire généralement austère.