Le commissaire Vincent de Paul Meva'a est acculé, il passe aux menaces, évoque le lanceur d'alerte Paul Chouta. Ce dernier fait savoir que « se croyant tout permis comme dans ses enquêtes approximatives qu'il conduit loin de toute éthique à Yaoundé, le commissaire Vincent de Paul Meva'a, dont le rôle dans la répression des militants pro-démocratie est avéré, n'a rien trouvé d'autre que de me proférer des menaces ». La rédaction de CamerounWeb relaie l'intervention de Chouta contre Meva'a, ce qui s'apparente déjà à un conflit ouvert entre les deux personnes.
Dans un long texte bourré d'insultes et de fautes comme à son habitude, sans aucune explication sérieuse sur les faits qui lui sont reprochés, il estime qu'il s'agit d'un droit de réponse dont il exige la publication.
Celui-ci sera bel et bien publié même si le commissaire Meva'a qui convoque les arguments du droit en sa faveur n'a pas fait jouir des mêmes bénéfices aux manifestants pro-démocratie qu'il a poursuivis à charge en recourant à la torture et autres privations de leurs droits fondamentaux.
Comme il affirme avoir effectué son travail d'officier, peut-il nous dire qui a porté plainte contre les militants pro-démocratie qu'il a fait arrêter et torturer ? Son action n'est plus ni moins que le parti pris d'un policier pour un candidat, en l'occurrence Paul Biya, pour lequel il n'a pas hésité à torturer et à commettre des crimes contre l'humanité au mépris des bonnes pratiques dans un État moderne.
Pour démontrer encore davantage son engagement à fond dans son entreprise de faire condamner à tout prix les manifestants pro-démocratie, il ne leur a point permis d'avoir accès à leurs avocats comme le prescrit pourtant le code de procédure pénale qu'il dit enseigner à l'école de police avec brio. Ce qui reste à voir.
Pour preuve, les téléphones de ces partisans d'Issa Tchiroma Bakary ont été confisqués, les mettant dans l'incapacité de joindre leurs proches pour organiser leur défense. Pire, au lieu de présenter les personnes mises aux arrêts à un juge après 48 heures de garde à vue maximum, il a plutôt recouru systématiquement aux gardes à vue administratives dont la durée maximale est de 30 jours question d'accumuler des preuves fabriquées contre ces pauvres camerounais qui ont eu le malheur de croire aux vertus de la démocratie et de l'alternance au sommet de l'État.
Jamais dans son prétendu droit de réponse, il ne répond à ces questions simples, mais affirme péremptoirement avoir fait son travail d'officier de police judiciaire. Il faut sans doute s'arrêter un instant sur le parcours de Vincent de Paul Meva'a.
Il lui a fallu 25 ans dans la police pour se hisser péniblement au grade de commissaire principal en 2025. Ce qui fait donc voir qu'il a accédé à la police nanti d'un "brillant" BEPC si ce n'est d'un glorieux CEPE pour se voir "couronner" inspecteur de police en 2000 à sa sortie de Mutenguene.
Il est alors loisible de mieux comprendre les insuffisances de l'homme qui croit être un policier au service de Paul Biya et non de l'État du Cameroun. Passons sur sa maîtrise approximative de la langue française, pourtant l'une des deux langues officielles du Cameroun qui se trouve être son outil de travail. Allons imaginer ce qui est écrit dans les PV des auditions qu'il mène. C'est donc un policier moyen sinon médiocre à la solde du régime dictatorial de Yaoundé. Il n'y a visiblement aucun doute sur sa culpabilité devant les faits qui lui sont reprochés : crimes contre l'humanité, torture et complicité de torture.
En somme, un bon client pour les juges des 27 pays de l'UE et de la cinquantaine de pays de l'OCDE. Pour y échapper, il ne lui restera qu'à moisir à Yaoundé comme tous ceux qui comme lui ont assassiné, torturé, humilié et brisé d'honnêtes citoyens dans le cadre de l'élection présidentielle du 12 octobre 2025 au Cameroun.