Face à la convocation de leur président Éric Gervais Ndo devant le conseil de discipline du parti, les élus locaux du Sud annoncent une mobilisation ce mercredi 22 janvier devant le Comité Central du RDPC à Yaoundé.
C'est une journée explosive qui se profile ce 22 au siège du RDPC. Les conseillers régionaux du Sud ont annoncé qu'ils manifesteront devant le Comité Central du parti pour protester contre la convocation de leur président, Éric Gervais Ndo, devant le conseil de discipline.
Dans un communiqué au ton particulièrement ferme, les conseillers régionaux du Sud ne cachent pas leur colère. "Nous ne tolérerons pas que des décisions arbitraires viennent compromettre la volonté des électeurs", affirment-ils avec véhémence.
Les élus locaux rappellent qu'ils ont démocratiquement élu Éric Gervais Ndo pour un mandat de cinq ans et qu'ils entendent défendre ce choix contre toute tentative de le remettre en cause.
"Nous nous rendrons au Comité Central du RDPC le 22 janvier 2026 pour protester contre cette forfaiture et défendre les intérêts de la Région du Sud", précise le communiqué signé collectivement par les conseillers régionaux.
Les conseillers régionaux ne comptent pas rester isolés dans leur combat. Ils lancent un appel solennel "à tous les militants et sympathisants du RDPC à se joindre à eux pour exprimer leur soutien à Éric Gervais Ndo et à la démocratie".
Cette mobilisation pourrait prendre une ampleur considérable, la région du Sud constituant un bastion électoral important pour le RDPC. Une contestation massive des élus locaux et des militants de base représenterait un camouflet pour les instances nationales du parti.
Ce qui alimente particulièrement la colère des conseillers régionaux, c'est le calendrier choisi pour cette convocation disciplinaire. La comparution de Gervais Ndo est fixée au 22 janvier 2026 à 9h30, soit exactement la veille de son installation officielle comme président du Conseil régional du Sud par le Gouverneur de la région.
Ce timing serré laisse peu de doute sur l'intention : empêcher ou retarder la prise de fonction de Gervais Ndo. Les élus locaux y voient une manœuvre destinée à contourner leur vote démocratique.
La manifestation annoncée pour ce mercredi risque de transformer le siège du RDPC, situé à côté du lac municipal de Yaoundé, en théâtre d'une confrontation inédite entre les élus locaux et les instances nationales du parti.
Rarement dans l'histoire récente du RDPC, des conseillers régionaux se sont opposés aussi frontalement à une décision des organes centraux du parti. Cette fronde témoigne d'une évolution des rapports de force au sein du parti au pouvoir.
Au-delà du sort personnel d'Éric Gervais Ndo, c'est toute la question de l'autonomie des élus locaux face aux instances nationales du parti qui est en jeu. Les conseillers régionaux du Sud défendent le principe selon lequel un vote démocratique ne peut être remis en cause par des décisions disciplinaires.
La journée du 22 janvier 2026 s'annonce donc décisive. Elle dira si le RDPC maintient sa ligne disciplinaire ou s'il cède face à la pression des élus locaux et des militants de base. Dans tous les cas, cette crise révèle des tensions internes profondes au sein du parti au pouvoir, à un moment où celui-ci cherche à se réorganiser après la présidentielle contestée d'octobre 2025.
Le rendez-vous est pris ce mercredi matin au Comité Central du RDPC. Entre la comparution disciplinaire prévue à 9h30 et la manifestation annoncée par les conseillers régionaux, la journée promet d'être mouvementée dans les quartiers du lac municipal de Yaoundé.