À Madegoua, dans l’arrondissement de Makary, le bilan humain ne doit pas effacer les blessés
Les nombres changent à mesure que les blessés succombent. Dans le Logone-et-Chari, chaque unité ajoutée au bilan correspond à une maison plongée dans le deuil.
Une attaque menée dans la nuit du 16 au 17 septembre à Madegoua aurait fait quinze morts, après un premier bilan de treize victimes. Deux blessés seraient décédés à l’hôpital de Makary, selon des sources relayées par la presse. L’administration n’a pas encore publié de bilan consolidé détaillant les identités, l’état des blessés et les circonstances précises.
Le Mouvement pour la renaissance du Cameroun a réagi par la voix de sa vice-présidente Tiriane Balbine Nadège Noah. Le parti critique la réponse de l’État et demande une implication accrue des institutions. Il évoque aussi, comme le maire de Makary, l’hypothèse d’une attaque de représailles après une saisie de munitions. Cette piste n’est pas un fait établi.
Pour les habitants, la question immédiate dépasse la bataille des déclarations. Il faut soigner les blessés, sécuriser les déplacements, accompagner les familles et éviter que la peur ne vide les villages. L’Extrême-Nord vit depuis des années avec une menace devenue moins visible à l’échelle nationale sans avoir disparu localement.
Une communication publique utile devrait préciser le bilan, les mesures de protection adoptées et l’aide apportée aux proches. Elle devrait aussi éviter de diffuser des hypothèses opérationnelles non démontrées. La dignité des victimes exige des faits vérifiés, puis un suivi qui ne s’arrête pas après les condoléances. Pour le moment, le gouvernement n'a pas accordé cette "chose" demandée.