Les États-Unis ont pris leur décision et ce n'est pas du genre à enchanter le Cameroun et tous les citoyens. La liste des mauvaises nouvelles venant des USA s'allongent donc pour le pays.
Boris Bertolt vient de signaler que, dans le cadre d'Agoa, exclu depuis 2020, les États-Unis de Donald Trump refusent de relancer leur programme commercial avec le Cameroun.
Alors que les États-Unis s'apprêtent à prolonger l'African Growth and Opportunity Act (Agoa) au-delà de 2026, le Cameroun demeure absent de la liste des pays bénéficiaires. Une situation qui place le pays en marge d'un dispositif considéré comme l'un des principaux instruments de coopération économique entre Washington et l'Afrique subsaharienne, lit-on chez le lanceur d'alerte qui ne s'arrête pas là.
Créée en 2000, l'Agoa permet aux pays africains éligibles d'exporter plusieurs milliers de produits vers le marché américain sans payer de droits de douane. Ce mécanisme vise à stimuler les exportations, à encourager l'industrialisation et à renforcer les échanges commerciaux entre les États-Unis et le continent africain.
« Pendant plusieurs années, le Cameroun a bénéficié de ce régime préférentiel, qui a permis à certaines entreprises locales d'accéder plus facilement au marché américain. Mais en janvier 2020, Washington a décidé de retirer le Cameroun de la liste des pays éligibles », écrit la source citée.
Cette décision a été justifiée par les autorités américaines par des préoccupations liées aux droits humains, notamment dans le contexte de la crise sécuritaire, qui affecte les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest (Noso). « Six ans plus tard, alors que les discussions se poursuivent aux États-Unis sur la prolongation du programme au-delà de 2026, le Cameroun ne figure toujours pas parmi les pays susceptibles de réintégrer le dispositif », terrible pour le pays dirigé par Paul Biya.
Cette exclusion dépasse désormais le simple cadre commercial, sait Bertolt : « Pour Washington, la question est également liée au respect d'un certain nombre de critères politiques, institutionnels et sociaux qui conditionnent l'accès au programme. Pendant ce temps, plusieurs pays africains pourraient continuer à bénéficier d'un accès privilégié au marché américain, renforçant ainsi leur compétitivité dans des secteurs tels que le textile, l'agroalimentaire, l'industrie manufacturière ou encore la transformation des matières premières ».
Pour le Cameroun, cette situation pourrait avoir des conséquences importantes, selon l'intervenant : « L'absence du pays au sein de l'Agoa réduit les possibilités d'exportation vers les États-Unis et limite la capacité des entreprises camerounaises à concurrencer d'autres producteurs africains bénéficiant d'avantages tarifaires. Cette exclusion pourrait également affecter l'attractivité du pays auprès des investisseurs étrangers, qui accordent une attention particulière aux accords commerciaux préférentiels dans leurs stratégies d'implantation ».