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Regional News Wed, 13 Jan 2021

Mayo-Danay : un hippopotame tue un pêcheur

Sur ordre du Minfof, les services départementaux de la Forêt et Faune ont abattu le pachyderme qui a ôté la vie à un riverain le 30 décembre dernier

L’année 2020 aura été marquée par plusieurs exactions causées par les hippopotames dans le Mayo-Danay. Le département a enregistré sept morts causées par ces pachydermes, dont quatre sur le lac de Guéré le 17 octobre 2020. Le dernier incident remonte au 30 décembre dernier lorsqu’un hippopotame s’en prend à un pêcheur et lui ôte la vie dans la partie sud du lac de Maga, située dans l’arrondissement de Kaï-Kaï. Selon les données dont dispose la délégation départementale du ministère des Forêts et de la Faune, le Mayo-Danay compte actuellement 1200 têtes d’hippopotames. Ce nombre se situait autour de 600 avant 2013.

« Nous pensons que c’est avec la dégradation des conditions sécuritaires dans le bassin du lac Tchad, notamment les exactions de la secte Boko Haram que la population d’hippopotames a augmenté dans le Mayo-Danay », indique Aladji Halla, le délégué départemental du Minfof du Mayo-Danay. Il y a donc eu une surpopulation d’hippopotames tout comme la population humaine dont la démographie est forte.

Conséquence, les animaux et les hommes se disputent les mêmes espaces avec des conflits de plus en plus récurrents. Ce sont surtout les pêcheurs qui perdent souvent la vie dans les accrochages avec ces animaux. Les déjections des hippopotames constituent un indicatif pour le foisonnement de poissons. Les pécheurs, contraints à une situation de survie, n’hésitent pas à prendre des risques pour aller pêcher ces poissons derrière les hippopotames quels que soient les dangers.

C’est ce qui explique parfois des morts du côté des pêcheurs. L’hippopotame est reconnu comme un animal dangereux et appartenant à la classe A, et l’autorisation d’une battue administrative est un acte exclusif du ministre de la Forêt et faune. Durant l’année 2020, trois hippopotames ont été abattus et les carcasses remises aux populations. Le 10 janvier dernier, un autre a été tué dans la zone de Kaï-Kaï après avoir été traqué pendant plusieurs jours suite à l’incident du 30 décembre qui a occasionné la mort d’un pêcheur de la localité.
Source: camer