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'Mercenaires israéliens au Cameroun': la vie de luxe d'Eran Moas, patron du BIR[ African Arguments]

Eran Moas Bir Eran Moas est propriétaire de plusieurs immeubles et entreprises à Yaoundé

Fri, 5 Aug 2022 Source: www.camerounweb.com

Montres de luxe, voyages en classe affaire et souvent en jet privé, achat d'appartements de luxe à Yaoundé, à New York, Los Angeles pour ne citer que ceux-là, Eran Moas, patron du BIR pendant plusieurs années a un train de vie hyper luxueux, grâce à sa collaboration avec le régime Biya dont il forme les soldats.

Une enquête du site d’information African Arguments a permis aux Camerounais de se rendre compte de la vie de pacha que mène l'ancien soldat de l'armée israélienne.

Dans son article écrit pendant plusieurs mois d'investigation, African Argument dévoile que Eran Moas n'est pas le seul israélien qui gravite autour du pouvoir de Yaoundé. Ils sont plusieurs à faire des affaires, à avoir des entreprises, des maisons luxueuses et mènent une vie de rêve avec leurs familles. Dans le domaine militaire, ils ont la confiance aveugle d'Etoudi. Ils sont pour emprunter les expressions de notre confrère "les yeux, les oreilles et les bras armés du président camerounais".

Voici quelques extraits de l'enquête



"À 20 000 dollars (16 700 euros) la journée, la villa qu’il (Eran Moas) loue au bord de la mer n’est pas donnée, mais le prix est le cadet de ses soucis. Son portefeuille immobilier personnel comprend un appartement à New York d’une valeur supérieure à 20 millions de dollars (16,7 millions d’euros), qu’il a payé rubis sur l’ongle, et une villa à Los Angeles estimée à plus de 12 millions de dollars (10 millions d’euros). Son lieu de résidence habituel est une énorme propriété à Yaoundé, la capitale du Cameroun, où il se déplace, dit-on, dans une voiture blindée, escorté par des gardes du corps. Ce train de vie, Eran Moas le doit à un emploi qu’il occupe de longue date au sein du Bataillon d’intervention rapide (BIR), une unité d’élite de l’armée camerounaise, mais aussi aux affaires qu’il fait avec le gouvernement local. Le BIR est placé sous les ordres directs de Paul Biya, le président au pouvoir depuis trente-sept ans. Le bataillon est réputé pour la rigueur de l’entraînement qu’il impose à ses soldats et pour l’armement supérieur auquel il a accès".


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"Eran Moas n’est pas le seul entrepreneur privé israélien à fournir ses services au BIR. Notre enquête, menée en partenariat avec [la chaîne de télévision israélienne] Channel 12, s’est intéressée aux rapports qu’entretiennent de longue date certains citoyens israéliens avec les unités d’élite du président camerounais. Des liens qui datent des années 1980 et qui perdurent aujourd’hui, Eran Moas et d’autres profitant largement de cette accointance. L’enquête n’a trouvé aucune preuve permettant d’établir une connexion directe entre ces personnages et des violations des droits humains.

C’est une bonne affaire que de collaborer avec le BIR. L’unité est généreusement dotée, vraisemblablement financée par un compte “hors budget” de la Société nationale des hydrocarbures [entreprise publique camerounaise majeure], ce qui signifie que les financements pourraient provenir indirectement de compagnies pétrolières représentées au Cameroun, parmi lesquelles figurent plusieurs sociétés britanniques, dont une a conclu un accord gazier de 1,5 milliard de livres (1,6 milliard d’euros) en 2018".



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"L’affaire semble surtout lucrative pour ceux qui se trouvent en haut de l’échelle. Notre enquête montre qu’Eran Moas a acquis des biens immobiliers à New York, Los Angeles, Haïfa et Yaoundé – pour la plupart rubis sur l’ongle – pour une valeur totale d’au moins 32 millions de dollars (26 millions d’euros). L’Israélien mène par ailleurs grand train : en mai 2015, il a acheté trois billets à 5 000 dollars (4 100 euros) pour le match [de boxe] opposant [l’Américain] Mayweather au [Philippin] Pacquiao, et son épouse a été aperçue portant au poignet une Rolex sertie de diamants d’une valeur de 60 000 dollars (50 000 euros).

Les placements connus d’Eran Moas dans l’immobilier commencent en 2010 avec l’achat, pour 1,6 million de dollars (1,3 million d’euros), d’une villa à Los Angeles, avec piscine, vue imprenable sur la ville et salle de cinéma privée. Il la revend 2,7 millions de dollars (2,2 millions d’euros) en 2014. En juillet 2015, il achète un appartement à New York au 49e étage d’un gratte-ciel en verre sur le Billionaires’ Row [la 57e Rue, surnommée “l’allée des milliardaires”] – pour 20 millions de dollars (16,7 millions d’euros), par l’intermédiaire d’une société écran. L’objectif est sans doute de garder le secret sur cette acquisition, mais le nom de Moas apparaît sur les déclarations de revenus de la société qu’African Arguments a pu obtenir grâce à une demande déposée au titre de la loi sur la liberté d’accès à l’information.

L’année suivante, Eran Moas débourse 12 millions de dollars (10 millions d’euros) pour une villa à Hidden Hills, un complexe résidentiel sécurisé de Los Angeles, selon Dirt.com. Cette propriété a, elle aussi, été acquise par l’intermédiaire d’une société écran dont l’adresse est “c/o Kohli & Partner”, un cabinet d’avocats suisse dont on sait, depuis les Paradise Papers [révélation d’informations sur des sociétés offshore à partir de la fuite de documents confidentiels, en 2017], qu’il a plusieurs clients à la réputation douteuse.

Aucune de ces acquisitions ne semble avoir véritablement fait de trou dans le budget familial. La même année, les Moas vont séjourner aux Bahamas dans une villa de l’Ocean Club, [un complexe hôtelier du groupe] Four Seasons, à près de 20 000 dollars (16 500 euros) la nuit. Ils y retourneront l’année suivante".

Source: www.camerounweb.com