Quatre morts, seize personnes grièvement brûlées et une cause encore inconnue : le bilan provisoire impose de résister aux explications précipitées. L’enjeu est désormais de préserver les preuves, protéger les survivants et rendre publique la chaîne des défaillances.
Une explosion a frappé lundi matin les installations de Metafrique Steel dans la zone industrielle de Bassa, à Douala. Le gouverneur du Littoral, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, a annoncé au moins quatre décès et seize blessés souffrant de brûlures graves, transférés à l’Hôpital général de Douala. Le feu a été maîtrisé et les corps ont été extraits par les secours militaires. Ce sont les faits établis au soir du 2 novembre ; le bilan médical peut encore évoluer.
L’entreprise a évoqué un incident provoqué par un « facteur externe », tout en reconnaissant que la cause restait à déterminer. Cette formulation ne constitue ni une conclusion technique ni une exonération de responsabilité. Une enquête crédible devra reconstituer la séquence : poste de travail, matière manipulée, systèmes de ventilation et d’extinction, procédures de consignation, équipements de protection, formation des équipes et délai d’alerte. Les témoignages doivent être recueillis sans pression et les registres de maintenance conservés.
Le drame remet la sécurité industrielle au centre d’une métropole où ateliers, usines et quartiers habités se côtoient. Publier un rapport d’enquête, ses recommandations et un calendrier de mise en conformité serait plus utile qu’une communication de crise. Il faudra aussi documenter la prise en charge des grands brûlés, l’indemnisation des familles et l’accompagnement des collègues. Une usine peut reprendre ; la confiance, elle, exige des preuves que les leçons ont été appliquées.