Les boutiques de l’ancien marché de Mora ont été démolies dans la nuit du 28 octobre
Les boutiques de l’ancien marché de Mora ont été démolies dans la nuit du 28 octobre. Derrière le projet de marché moderne de Sankré se joue une crise de confiance : qui a été informé, qui sera relogé et quelle autorité a validé l’opération nocturne ?
Des équipes accompagnées de forces de sécurité sont intervenues vers 2 ou 3 heures du matin, selon plusieurs comptes rendus. La municipalité avait engagé depuis plusieurs mois le transfert des commerçants vers Sankré. Plus de la moitié des quelque 87 occupants recensés auraient déjà quitté l’ancien site. La deuxième phase du nouveau marché prévoit 180 boutiques, trois hangars, une boucherie, des sanitaires et une mosquée, mais tous les emplacements ne seraient pas encore disponibles.
La controverse s’est durcie lorsque Mamadou Mota a accusé les autorités locales d’avoir détruit des moyens de subsistance dans une zone déjà touchée par l’insécurité. D’autres sources citent une note d’avril attribuée au secrétariat général de la Présidence qui aurait demandé de suspendre les démolitions, ainsi qu’un protocole promettant une boutique et une allocation annuelle de 100 000 FCFA à certains bénéficiaires. L’authenticité, la portée et l’articulation de ces documents doivent être établies.
Un marché moderne peut améliorer l’hygiène, la sécurité et les recettes communales. Il perd sa légitimité si le transfert précède le relogement effectif ou si les critères d’attribution restent opaques. La mairie et la préfecture devraient publier la liste des bénéficiaires, le calendrier de la deuxième phase, les compensations et la base juridique de l’intervention. Les commerçants, de leur côté, doivent disposer d’un recours accessible. Le béton neuf ne réparera pas une confiance détruite pendant la nuit.