Au-delà des grandes figures ministérielles, une enquête de Jeune Afrique dessine les contours d'une mobilisation en défense de Paul Biya qui se joue à plusieurs échelons, des cabinets ministériels jusqu'aux réseaux sociaux, révélant une adaptation générationnelle et médiatique inédite des mécanismes de défense du régime.
Selon Jeune Afrique, c'est le directeur du cabinet civil, Samuel Mvondo Ayolo, membre de la délégation présidentielle en Suisse, qui a assuré la défense la plus institutionnelle, démentant toute hospitalisation et affirmant que le président se portait « très bien ». À un niveau plus local, l'enquête cite le cas de Lucien Bidima, cadre administratif proche du régime, qui aurait revendiqué avoir personnellement aperçu Paul Biya lors d'un séjour à l'hôtel InterContinental de Genève, dans le cadre d'une mission à l'Organisation internationale du travail — un témoignage de terrain destiné à donner un ancrage concret et vécu à une défense autrement abstraite.
La bataille des réseaux sociaux
Jeune Afrique souligne également le rôle des relais numériques, à l'image de Cathy Meba, nièce de Paul Biya et conseillère régionale dans le Sud, dont les démentis publiés sur les réseaux sociaux relaieraient une communication plus informelle, complémentaire des éléments de langage officiels distillés en conférence de presse. Cette double stratégie — communication institutionnelle d'un côté, relais familiaux et militants sur les réseaux sociaux de l'autre — traduirait, selon l'enquête, une volonté d'occuper tous les espaces du débat public, y compris ceux où se forge aujourd'hui l'opinion des plus jeunes générations.
Enfin, Jeune Afrique documente une mobilisation territoriale, à travers des figures comme Henri Eyebe Ayissi, qui a évoqué depuis Monatélé la thèse d'un « coup d'État informationnel » à propos de faux décrets présidentiels, ou Christophe Mien Zok, dans la région du Sud, dont la formule imagée — « le lion n'est pas parti » — illustre une défense plus symbolique qu'argumentative, calibrée pour un public militant local.
Ce que révèle cette cartographie à plusieurs niveaux établie par Jeune Afrique, c'est la sophistication d'un dispositif de défense qui s'adapte à son public : arguments juridiques pour les cadres, témoignages personnels pour ancrer la crédibilité, formules militantes pour mobiliser les bases régionales, et réseaux sociaux pour toucher une opinion plus jeune et plus volatile.