Le ministre de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji, est arrivé ce jeudi 13 août 2026 à Limbe, dans le département du Fako, région du Sud-Ouest, pour une visite de travail consacrée à l'évaluation de la situation consécutive aux inondations et glissements de terrain survenus dans la ville le 5 août dernier. Il a été accueilli à son arrivée par le gouverneur de la région du Sud-Ouest, Bernard Okalia Bilai.
La visite du ministre intervient une semaine après le drame survenu dans la nuit du 4 au 5 août, lorsque des pluies torrentielles particulièrement intenses ont provoqué l'effondrement d'une colline surplombant le quartier résidentiel de Mbende, ensevelissant une habitation sous une coulée de boue. Trois membres d'une même famille ont péri dans ce glissement de terrain, tandis qu'un quatrième occupant de la maison a survécu et a été transporté d'urgence à l'hôpital régional de Limbe. Les mêmes intempéries ont par ailleurs provoqué d'importantes inondations dans plusieurs quartiers de la cité balnéaire, submergeant notamment les secteurs de Down Beach, Mabeta, Bota et les abords du marché central.
Au lendemain du drame, la ministre de l'Habitat et du Développement urbain, Célestine Ketcha Courtès, avait dressé un premier bilan officiel et instruit les autorités administratives et municipales de mobiliser des brigades d'intervention pour sécuriser les zones à risque et curer les canaux de drainage obstrués. Le Premier ministre Joseph Dion Ngute avait quant à lui adressé ses condoléances aux familles endeuillées.
Un programme de visite dense
Selon le programme annoncé, Paul Atanga Nji doit rendre visite aux victimes hospitalisées à l'hôpital régional de Limbe, présider une réunion d'évaluation avec les autorités administratives locales, puis se rendre directement sur les zones affectées par les inondations et les glissements de terrain. Une démarche qui s'inscrit dans la ligne des précédentes interventions du gouvernement sur ce dossier, mais qui prend une dimension particulière venant du ministre en charge de l'Administration territoriale, dont le déplacement personnel souligne le degré de préoccupation des autorités centrales face à la récurrence de ce type de catastrophes dans la région.
Une ville structurellement exposée
Il faut dire que Limbe n'en est pas à sa première catastrophe de ce type. Bâtie au pied du Mont Cameroun, volcan actif, sur des pentes raides et un sol volcanique instable, la ville est régulièrement présentée par les spécialistes comme l'une des plus exposées du pays aux glissements de terrain, un risque encore aggravé par une urbanisation largement anarchique. L'Observatoire national sur les changements climatiques (Onacc) avait d'ailleurs organisé, les 21 et 22 juillet dernier, soit deux semaines seulement avant le drame de Mbende, un atelier consacré au renforcement des systèmes d'alerte précoce dans la ville. Un précédent survenu en février 2026 avait déjà coûté la vie à une fillette de cinq ans, tuée par l'effondrement d'un mur d'école à Limbe.
C'est dans ce contexte de vulnérabilité récurrente que s'inscrit la visite de travail du ministre Atanga Nji, dont les conclusions et les mesures annoncées à l'issue de la réunion d'évaluation seront scrutées de près par les populations sinistrées, en quête de réponses concrètes face à des risques identifiés de longue date.