Invité de l'émission Canal Presse sur Canal 2 International, Espoir Biyong a livré une analyse critique de la situation politique camerounaise. Selon lui, la nomination d'un vice-président, pourtant au cœur des spéculations, n'est pas une obligation légale. « L'article dit : le président peut. Ça veut dire qu'il peut ne pas nommer », a-t-il rappelé. L'urgence serait ailleurs : « qu'il ait le courage de donner un gouvernement au peuple camerounais », a-t-il martelé.
Alors que les Camerounais attendent la composition d'un nouveau gouvernement et que les spéculations vont bon train sur l'identité du futur vice-président, Espoir Biyong a tenu à rappeler un point juridique essentiel. « Ayons la sincérité de reconnaître que la loi donne la possibilité d'une nomination, ce n'est pas un impératif. Le président n'est pas obligé de nommer un vice-président. L'article dit : le président peut. Ça veut dire qu'il peut ne pas nommer. »
L'invité de Canal Presse a dressé un constat accablant sur la formation du gouvernement sous le mandat 2018-2025. « Il a fait un mandat tout entier, de 2018 jusqu'en 2025, sans gouvernement. Il a eu un seul gouvernement qu'il a nommé en janvier 2019. C'est extraordinaire, c'est de l'inédit, c'est carrément un record Guinness. » Une situation qu'il juge « inédite » dans l'histoire politique camerounaise.
Un gouvernement toujours absent : Espoir Biyong a poursuivi : « Au lieu de ça, quand il réussit à s'imposer par la force une deuxième fois en 2025, il est toujours incapable de donner un gouvernement. » Selon lui, cette incapacité à former une équipe gouvernementale traduit une difficulté plus profonde liée à la légitimité du chef de l'État.
Pour l'analyste, le blocage est politique, pas administratif. « La réalité, c'est que lorsqu'on est illégitime, on craint tout le monde, on soupçonne tout le monde, on vérifie la loyauté de chacun. Parce qu'on n'a pas la légitimité nécessaire qui vous rassure du fait que vous êtes le choix du peuple. » Un diagnostic sévère sur les ressorts du pouvoir camerounais.
L'urgence, selon Espoir Biyong, n'est donc pas de créer un poste de vice-président, mais de doter le pays d'un gouvernement fonctionnel. « L'urgence serait qu'il ait le courage de donner un gouvernement au peuple camerounais. »