Nomination : une note tombe sur la table de Ngoh Ngoh, c'est officiel

Ferdinand Ngoh Ngoh A Porte Des Sacs Image illustrative

Wed, 4 Nov 2026 Source: www.camerounweb.com

Dix-neuf noms, sept catégories de fonctions sollicitées et un argument électoral. Un document présenté comme un mémorandum de l'arrondissement de Mfou, adressé au ministre d'État, secrétaire général de la Présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, réclame la promotion de cadres de cette localité aux plus hautes fonctions de l'État. Attribué à la conseillère régionale Marie Jeanne Zanga Onambele, veuve Andela Assomo, le texte invoque un déficit de représentation et s'appuie sur un score de 72,25 % en faveur du RDPC à la dernière présidentielle. Entre exigence de « compensation » politique et revendication identitaire, cette démarche met en lumière les mécanismes de distribution des postes au sommet de l'appareil d'État.



Info en continu… NOMINATIONS AU CAMEROUN : UN MÉMORANDUM D’UNE CONSEILLÈRE RÉGIONALE RÉCLAME DES POSTES POUR LES RESSORTISSANTS DE MFOU

Dix-neuf noms, sept catégories de fonctions sollicitées et un argument électoral : un document présenté comme un mémorandum de l’arrondissement de Mfou demande à la présidence de promouvoir des cadres de cette localité. Attribué à la conseillère régionale Marie Jeanne Zanga Onambele, veuve Andela Assomo, il invoque un déficit de représentation dans les institutions.

Des postes de ministres, de directeurs généraux, de directeurs généraux adjoints et de responsables de l’administration centrale : les ambitions exposées dans ce mémorandum couvrent plusieurs niveaux de l’appareil d’État. Le document sollicite l’intercession du ministre d’État, secrétaire général de la présidence de la République, auprès du chef de l’État, afin que des « fils et filles de l’arrondissement de Mfou » soient considérés lors de prochaines nominations.

L’initiative est attribuée à Marie Jeanne Zanga Onambele, conseillère régionale de l’arrondissement de Mfou. Son nom apparaît également au bas de la dernière page, accompagné de la mention « veuve Andela Assomo ».

Le texte repose sur une revendication centrale : plusieurs fonctions autrefois occupées par des ressortissants de Mfou auraient été perdues, sans que d’autres promotions viennent rétablir la représentation de cette localité.

Pour étayer cette demande, le mémorandum cite huit fonctions : ministre des Travaux publics, recteur de l’Université de Douala, sénateur titulaire, vice-président du Sénat, directeur général de l’Office du baccalauréat, trésorier-payeur général de Yaoundé, secrétaire général du Parlement de la CEMAC et directeur de l’École pratique d’agriculture de Binguela.

Selon ses rédacteurs, ces postes auraient été libérés au cours des cinq dernières années, « sans compensation à ce jour ». Le document ne précise cependant ni les dates de départ, ni les noms des anciens titulaires, ni les circonstances de ces changements. La liste mêle par ailleurs des responsabilités gouvernementales, administratives, parlementaires et communautaires, dont les modalités d’accès ne sont pas identiques.

L’argument électoral occupe une place explicite dans la démarche. Le mémorandum avance un score de 72,25 % en faveur du RDPC lors des dernières élections présidentielles, pour une participation de 72,6 %. Aucun procès-verbal électoral ni tableau officiel de résultats n’accompagne ces chiffres dans les pièces transmises.

Leur présence dans une demande de nominations est néanmoins significative : le soutien électoral local au parti au pouvoir figure parmi les éléments présentés pour justifier l’accès de ressortissants de Mfou aux responsabilités nationales. Le document rapproche ainsi fidélité politique, importance territoriale et promotion des cadres.

Il décrit également l’arrondissement comme un territoire de 830 kilomètres carrés, peuplé d’environ 90 000 habitants. Il met en avant plusieurs infrastructures ou projets qu’il rattache à son rayonnement : l’aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, la direction générale de la Cameroon Civil Aviation Authority, le rectorat de l’Université panafricaine annoncé à Nkolmefou, le programme de 10 000 logements sociaux à Ekoko, une annexe de l’hôpital Jamot ainsi que le bitumage de la route Mfou-Yop et un pont sur le Nyong.

Ces références sont utilisées pour construire l’image d’un arrondissement stratégique qui, selon les auteurs, devrait bénéficier d’une représentation plus importante au sommet de l’État. Elles restent des éléments avancés par le mémorandum ; celui-ci ne détaille pas l’état d’exécution de chacun des projets cités.

La demande s’accompagne surtout d’une liste nominative. Dans la rubrique commune « ministre/directeur général », quatre personnes sont proposées : Marie-Claire Nana, présentée comme directrice générale de la SOPECAM ; Francis Ngoumou, présenté comme maire de Mfou et président de la section RDPC Mefou-et-Afamba Sud ; Expedit Bingono Bingono, décrit comme inspecteur principal des régies financières aux Douanes et sénateur suppléant ; ainsi que Yves Patrick Tchami Foe, également présenté comme un cadre supérieur des Douanes.

Pour les fonctions de directeur général adjoint, le document avance cinq noms : Louis Joël Mbarga Ngono, Michel Wilfried Zanga Mbarga, Alain Mbarga, Etoung Abena et Roger Belinga. Les profils mentionnés associent notamment le génie civil, l’administration fiscale, une ancienne responsabilité à la CEMAC et un ancien mandat de maire de Mfou.

Ces cinq noms réapparaissent dans la rubrique consacrée aux directions de l’administration centrale, où figure également Cyrille Efala, présenté comme délégué départemental du ministère de l’Environnement dans la Mefou-et-Afamba.

La suite du tableau ajoute neuf personnes : Mbarga Mbarga, Simplice Owona Zang, Arthur Mani Mbatsogo, Paterne Mbarga, Simon Omgba Belinga, Arsène Azombo, Michel Mbida, Louis Blaise Mengue et Pauline Messi, née Djama. Les qualifications indiquées vont de l’enseignement à l’administration financière, en passant par l’aviation civile, le commerce, les services parlementaires et le sport.

Au total, dix-neuf personnes distinctes apparaissent dans les tableaux visibles, plusieurs étant proposées pour différentes catégories de fonctions. Leur présence dans ce document ne permet pas d’affirmer qu’elles ont personnellement sollicité ces postes ou donné leur accord à la démarche.

La présentation des candidatures retient aussi l’attention : les qualifications professionnelles sont régulièrement accompagnées de l’indication d’un groupement ou d’un village d’origine. L’ancrage territorial constitue donc un élément central du classement des profils.

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BORIS BERTOLT



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