Nouveau gouvernement : les derniers bruits qui courent

SAMUEL ETO'O CHANTAL BIYA RELATION Remaniement du gouvernement

Mon, 25 May 2026 Source: L’indépendant n°1033

Plus de six mois après sa prestation de serment, Paul Biya ne trouve toujours pas la formule du premier remaniement du septennat dit de la grandeur et de l’espérance. La célébration de la 54e fête de l’unité nationale a charrié les espoirs d’une nouvelle équipe gouvernementale. Une autre fausse alerte face à ces jours de longue attente depuis l’annonce par deux fois d’un remaniement ministériel de la bouche la plus autorisée.

Il n’est pas superflu de rappeler que le dernier gouvernement de Paul Biya date du 4 janvier 2019. Après le décès d’une demi-douzaine des membres du gouvernement et la démission de deux alliés de poids, les choses sont restés statiques. La dynamique observée au sortir de la présidentielle du 12 octobre dernier au regard de l’engouement des électeurs, a été battu en brèche par les tenants d’un pouvoir autoritaire.

Pour se refaire une santé, il a procédé à une réforme constitutionnelle instaurant un poste de vice-président. Cette réforme est aujourd’hui otage d’un sérail balloté par la guerre de sous-chefs.

Côté cour : un président de plus en plus invisible et dont les apparitions publiques constituent un événement. Comment ne pas également mentionner ces décrets présidentiels qui ravissent la vedette lors de leur lecture et dont la finalité est de maintenir l’illusion d’un président toujours actif.

Côté jardin : les images du cercle intime du chef de l’État fuitent de plus en plus. Une communication questionnable dont les tenants veulent à coup sûr donner l’image d’un président humain qui peut souffler sur gâteau d’un anniversaire au détour d’une causette familiale.

Ces images sont de plus en plus contre-productives. On savait la gracieuse épouse du chef de l’État attentionnée, disposée à ajuster la cravate présidentielle. Mais de là à la voir offrir le spectacle désolant de ces caresses sur la tête du chef de l’État en plein défilé du 20 mai, devrait offrir du grain à moudre aux sémiologues dignes de ce nom.

Sommes-nous désormais gouvernés par un mannequin ? Info ou intox, la dernière mouture du premier gouvernement de ce septennat aurait été bloquée par le cercle proche du chef de l’État. Entre ces rumeurs sur un vice dieu proche de la Première dame qui se comporterait désormais en enfant gâté, et le cercle des fidèles déterminés à sauver les meubles en évitant le scénario du chaos, reste-t-il comme il se susurre, la 3e voix, celle des gardiens du temple pour siffler la fin de la récréation face à l’ivresse de tous ces fossoyeurs de la République complètement repus de leurs privilèges ? Mystère et boule de gomme.

Source: L’indépendant n°1033