Oswald Baboke, portrait d'un homme longtemps « au-dessus de la mêlée » rattrapé par les guerres de clans

Oswald Baboke DCC PR Image illustrative

Mon, 10 Aug 2026 Source: www.camerounweb.com

Il avait réussi, pendant des années, un exercice rare dans les allées du pouvoir camerounais : traverser les rivalités de palais sans jamais sembler y prendre part. Selon des révélations de Jeune Afrique, cette réputation d'homme consensuel a volé en éclats pour Oswald Baboke, directeur adjoint du cabinet civil de Paul Biya, aujourd'hui cité comme suspect dans deux scandales retentissants.

D'après les informations de Jeune Afrique, Oswald Baboke doit une partie de sa position particulière à sa proximité de longue date avec la première dame, Chantal Biya. Fondateur de la Chapelle de la Gloire du Christ, il cultivait, selon le média, l'image d'un homme cheminant paisiblement entre son église et le palais présidentiel, prenant soin de ne se fâcher avec aucun des différents clans en présence. « C'est quelqu'un de bien », rapportent, selon Jeune Afrique, ses proches — et même certains de ses adversaires.

Cette réputation d'homme au-dessus des querelles n'aurait cependant pas suffi à écarter les soupçons de Ferdinand Ngoh Ngoh, le tout-puissant secrétaire général de la présidence. Jeune Afrique rapporte que ce dernier soupçonnait depuis plusieurs années Oswald Baboke de transmettre des informations confidentielles du palais à des relais extérieurs — des accusations que l'intéressé a toujours réfutées. Une défiance latente, donc, bien avant l'irruption des scandales judiciaires actuels.

Selon Jeune Afrique, c'est l'amitié d'Oswald Baboke avec Samuel Eto'o, président de la Fédération camerounaise de football, qui aurait contribué à precipiter la rupture. À mesure que la rivalité s'intensifiait entre l'ancien international et Narcisse Mouelle Kombi, ministre des Sports proche de Ferdinand Ngoh Ngoh, Oswald Baboke se serait retrouvé, de fait, entraîné dans le camp adverse à celui du secrétaire général.

D'homme consensuel à suspect numéro un

Le point de bascule serait survenu avec la réinstauration du poste de vice-président en avril 2026 et l'hypothèse, évoquée par l'entourage de Chantal Biya selon Jeune Afrique, de confier cette fonction à Oswald Baboke. Depuis, celui qui incarnait la neutralité au palais se retrouve visé par des rapports de renseignement l'impliquant dans l'affaire des faux décrets, ainsi que par des soupçons entourant sa fortune personnelle — des publications que ses soutiens qualifient, selon Jeune Afrique, de campagne de dénigrement orchestrée par le camp rival.

Ce basculement rapide, documenté par Jeune Afrique, illustre combien la proximité avec le pouvoir camerounais peut se retourner, du jour au lendemain, contre ceux qui pensaient s'en tenir à l'écart des rivalités de clans. Ces éléments demeurent, à ce stade, des accusations rapportées par la presse et non des conclusions judiciaires établies ; ils dessinent néanmoins le portrait d'un homme dont l'avenir politique, comme celui de tout le palais d'Etoudi, reste suspendu à l'issue incertaine de la succession de Paul Biya.

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