Paul Biya absent des décrets militaires : une prise de pouvoir en cours

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Tue, 4 Aug 2026 Source: www.camerounweb.com

Huit semaines après le départ du président Paul Biya pour un « court séjour privé » en Suisse, des interrogations persistent sur l'authenticité des décrets récents concernant l'armée. Selon des sources proches du dossier, le chef de l'État, âgé de 93 ans, ne serait pas l'auteur des décisions prises en son nom, ce qui alimente les spéculations sur une prise de pouvoir forcé en cours, qui serait bientôt consolidée par la nomination d'un vice-président.

Le 7 juin 2026, Paul Biya a quitté le Cameroun pour Genève, en Suisse, pour ce qui était présenté comme un « court séjour privé ». Huit semaines plus tard, aucune vidéo ni photo officielle de Paul Biya n'a été publiée. Selon des sources concordantes, le président aurait subi une opération au genou, nécessitant une intervention chirurgicale spécialisée, et aurait été victime d'un grave malaise postopératoire pendant son séjour en Suisse. Ces événements s'ajoutent aux difficultés médicales déjà connues de Paul Biya, notamment son traitement contre un cancer de la prostate.

L'état médical actuel de Paul Biya ne lui permettrait ni de signer des décrets ni de comprendre pleinement les enjeux des décisions prises en son nom. Une situation qui soulève des questions cruciales sur la légitimité et la transparence du pouvoir exécutif au Cameroun.

Les récents décrets concernant l'armée – la mise à la retraite du général Tchemo, les nominations à la tête des différents corps – sont au cœur des soupçons. Pour plusieurs observateurs, Paul Biya ne serait pas l'auteur de ces décisions. « Ces décisions ne relèvent pas de sa main, mais plutôt d'une prise de pouvoir forcé qui est en cours », affirme une source proche du dossier.

Cette prise de pouvoir serait bientôt consolidée par la nomination d'un vice-président, poste créé par la révision constitutionnelle du 4 avril 2026 et toujours vacant. Selon la nouvelle Constitution, le vice-président aura le pouvoir exclusif de constater la vacance du pouvoir, aux côtés du président.

Le scénario redouté par certains observateurs est celui d'un « coup d'État constitutionnel » : le futur vice-président, une fois nommé, pourrait annoncer la vacance du pouvoir, s'appuyer sur la nouvelle hiérarchie militaire qu'il aura lui-même contribué à nommer, et consolider sa prise de pouvoir.

La question de la succession de Paul Biya, 93 ans, devient de plus en plus pressante, alors que le chef de l'État est absent depuis deux mois et que son état de santé reste entouré de mystère.

Source: www.camerounweb.com