Dans un entretien exclusif à Jeune Afrique, l'opposant Aboubakar Ousmane Mey dresse un portrait sans complaisance du président camerounais. Selon lui, Paul Biya « existe sur le plan physique, mais sur le plan institutionnel, ce n'est plus lui qui dirige les opérations ». Une déclaration qui intervient alors que le chef de l'État, âgé de 93 ans, a été victime d'un malaise lors des festivités du 20 Mai, selon plusieurs sources.
Jeune Afrique a interrogé Aboubakar Ousmane Mey sur l'état de gouvernance au Cameroun. Sa réponse est sans appel : « Monsieur Biya existe sur le plan physique, mais sur le plan institutionnel, ce n'est plus lui qui dirige les opérations. » Une affirmation qui, si elle était confirmée, aurait des implications majeures sur la nature du régime.
L'opposant révèle à Jeune Afrique avoir interpellé à plusieurs reprises les membres de la famille de Paul Biya. « Je les ai interpellés afin qu'ils préservent sa dignité, mais ils ne l'ont pas fait. Ils l'ont laissé dans la boue des élections. » Il déplore les conséquences : « Lorsqu'ils se sont aperçus de la réalité, il était trop tard. C'est pour cela qu'ensuite les fusils sont sortis. Des gens sont morts. D'autres sont encore en prison. »
Jeune Afrique a également recueilli l'analyse de Mey sur la récente création du poste de vice-président. « Je suis sûr et certain que Biya ne peut pas être derrière cette mascarade. Comment ce monsieur peut-il se retrouver dans une histoire où on ne comprend plus ce qui se passe ? Il y a forcément une troisième partie qui se joue de tout le monde, y compris du président. »
Malgré tout, Mey estime que le régime « recule politiquement » tout en conservant « les rênes d'une armée derrière laquelle il s'abrite ». Un constat qui, selon Jeune Afrique, est partagé par de nombreux observateurs de la scène politique camerounaise.