Par décret n°2026/320 du 02 octobre 2026, le président de la République, Paul Biya, a habilité le ministre de l'Économie, de la Planification et de l'Aménagement du territoire à signer avec la Banque islamique de développement (BID) un accord de vente à tempérament d'un montant de 212,35 millions d'euros, soit environ 139,2 milliards de francs CFA. Ces fonds sont destinés à la mise en œuvre du Projet de réhabilitation de la route Douala-Bafoussam (PRRDB).
C'est une nouvelle bouffée d'oxygène pour l'un des axes routiers les plus stratégiques du Cameroun. Le président Paul Biya a signé, ce 2 octobre 2026, le décret n°2026/320 habilitant le ministre de l'Économie, Alamine Ousmane Mey, à signer avec la Banque islamique de développement un accord de vente à tempérament de 212,35 millions d'euros, soit environ 139,2 milliards de francs CFA.
La route Douala-Bafoussam est l'un des principaux corridors économiques du pays. Elle relie la capitale économique, Douala, au chef-lieu de la région de l'Ouest, Bafoussam, et dessert de nombreuses localités à fort potentiel agricole et commercial. Son état de dégradation avancé constitue depuis des années un frein majeur à la circulation des biens et des personnes, augmentant les coûts de transport et les délais de livraison.
Le Projet de réhabilitation de la route Douala-Bafoussam (PRRDB) vise donc à moderniser cet axe, à améliorer la sécurité routière et à stimuler les échanges commerciaux dans cette partie du pays. Il s'inscrit dans la volonté du gouvernement de doter le Cameroun d'infrastructures de transport performantes.
Un financement de la BID
La Banque islamique de développement, institution financière multilatérale basée à Djeddah, en Arabie saoudite, accompagne le Cameroun dans plusieurs projets de développement. Ce nouvel accord de vente à tempérament, une modalité de financement conforme aux principes de la finance islamique, permettra de mobiliser les ressources nécessaires à la réalisation des travaux.
Le décret précise que la signature de cet accord est autorisée avec faculté de délégation, et que le texte sera enregistré et publié suivant la procédure d'urgence, puis inséré au Journal officiel en français et en anglais.
Ce financement intervient alors que le Cameroun cherche à mobiliser des ressources pour ses grands projets d'infrastructure. Les besoins de financement de l'État sont évalués à plus de 3 100 milliards de FCFA pour l'exercice en cours, et le pays fait face à des contraintes budgétaires liées notamment aux contentieux internationaux et aux subventions énergétiques.
Mais pour les autorités, la réhabilitation de la route Douala-Bafoussam représente un investissement prioritaire. Reste à savoir si les 139,2 milliards de francs CFA seront effectivement mobilisés et utilisés de manière transparente et efficace, pour le plus grand bénéfice des usagers et de l'économie nationale.