L’exploitation de l’or est un sujet qui intéresse beaucoup de personnes à partir du moment qu’il a été révélé que des personnalités publiques pillent la ressource précieuse. C’est devenu un scandale, avec une enquête ouverte au Secrétariat d’État à la défense (SED). Boris Bertolt livre les premières informations sur l’enquête en cours et les premières auditions.
L’affaire des importantes quantités d’or camerounais enregistrées à Dubaï entre désormais dans une nouvelle phase. Une commission mixte mène actuellement des investigations au SED et procède à des auditions pour tenter de retracer les circuits de collecte et de commercialisation du métal précieux.
Au centre des premières auditions figure Serge Hervé Boyogueno, directeur général de la Société nationale des mines (Sonamines). Selon nos informations, il a été entendu par les enquêteurs et leur aurait remis des enregistrements audios de conversations avec Ferdinand Ngoh Ngoh, ministre d’État, secrétaire général de la présidence de la République.
L’enquête intervient sur fond de chiffres vertigineux. En mai 2026, Serge Hervé Boyogueno avait lui-même révélé que les statistiques d’importation des Émirats arabes unis faisaient apparaître environ 44 tonnes d’or provenant du Cameroun entre 2021 et 2025, alors que seulement 148 kg auraient été officiellement déclarés à l’exportation côté camerounais. L’écart représente potentiellement plusieurs centaines de milliards de francs CFA et pose une question centrale : par quels circuits cet or a-t-il quitté le Cameroun ?
La Sonamines affirme, de son côté, avoir rétrocédé à l’État 638 kg d’or depuis le début de ses activités de collecte en juillet 2021, pour une valeur qu’elle estimait alors à environ 27 milliards de francs CFA. Les investigations du SED devront désormais déterminer la traçabilité des quantités collectées, confronter les ordres de mission et documents disponibles aux déclarations des différents acteurs et établir, le cas échéant, les responsabilités.