Le Pont Vert est devenu l’un des maillons sensibles du corridor Douala–N’Djamena. Les fissures, l’affouillement et les armatures exposées imposent d’aller au-delà de l’inspection visuelle : la sécurité dépend d’un diagnostic, de limites de charge et d’un plan de circulation.
Construit en 1950 et mis en service en 1954, le Pont Vert de Maroua mesure 155,4 mètres avec ses accès. Depuis l’effondrement du pont sur le Mayo Kallio en août 2020, une partie du trafic, notamment les poids lourds du corridor régional, s’est reportée sur cet ouvrage. Une inspection récente a relevé des fissures sur certaines poutres, l’affouillement d’appuis et des armatures exposées à la corrosion.
Le ministère des Travaux publics a demandé une surveillance quotidienne et mobilisé l’entreprise COMAR en vue de la réhabilitation. Cette veille peut détecter une aggravation visible, mais elle ne remplace pas des mesures instrumentées : capacité portante, évolution des fissures, état des assemblages, profondeur d’affouillement et effet des surcharges. Les autorités devraient publier les seuils qui déclencheraient une restriction ou une fermeture temporaire.
Le pont porte aussi une fonction économique. Une interruption brutale toucherait les déplacements urbains et les échanges vers le Tchad. Il faut donc prévoir des itinéraires alternatifs, contrôler les charges et programmer les travaux sans attendre l’urgence. Le public a besoin d’un calendrier, du coût, du diagnostic et de la solution technique retenue. Protéger un ouvrage patrimonial ne consiste pas à prolonger indéfiniment sa vie ; cela consiste à décider, preuves à l’appui, comment le remettre en sécurité.