Le Directeur Général du Port Autonome de Douala convoque la Société Générale de Surveillance (SGS) pour une réunion ce mercredi 4 février à 10 heures. Cette convocation, marquée "confidentiel", intervient dans un contexte de tensions persistantes entre les influences rivales au sein de la principale plateforme portuaire du Cameroun.
Dans une correspondance datée du 2 février 2026, le Directeur Général du Port Autonome de Douala (PAD) invite son homologue de la SGS Cameroun S.A à une réunion programmée pour ce mercredi 4 février à 10 heures dans la salle des conférences du port, au 7ème étage de l'immeuble siège.
Cette rencontre, présentée comme faisant suite "aux Hautes prescriptions de Monsieur le Premier Ministre, Chef du Gouvernement", vise à examiner "les modalités pratiques de reprise des activités d'inspection par scanning des marchandises au terminal à conteneurs du Port de Douala-Bonabéri".
Un ordre du jour sensible
Selon le document obtenu par notre rédaction, plusieurs points seront abordés lors de cette réunion :
Les modalités d'octroi à la SGS de l'autorisation d'exercer au port de Douala-Bonabéri, conformément à l'article 12 du décret n° 2019/034 du 24 janvier 2019 portant réorganisation du Port Autonome de Douala
-La condition d'occupation du domaine public portuaire conformément à l'article 15 du même décret
-Le système de mise à disposition des informations pour les besoins d'exploitation sécuritaire conformément à la réglementation
-Les modalités de prise en compte des coûts logistiques exposés par la Régie du Terminal à Conteneurs (RTC S.A)
Au-delà des aspects techniques, la direction du PAD souhaite également examiner "l'exercice de l'activité de la SGS et son impact négatif sur le délai de passage portuaire des marchandises, contrairement aux objectifs de compétitivité du Port de Douala-Bonabéri".
Un point particulièrement sensible concerne "l'hypothèse d'une collaboration entre les sociétés SGS Cameroun S.A et TransAtlantic D S.A", laissant entrevoir des interrogations sur d'éventuels arrangements entre opérateurs.
Cette convocation s'inscrit dans la prolongation d'un bras de fer entre deux sphères d'influence au sein de l'appareil d'État camerounais, traditionnellement identifiées comme le "clan Ngoh Ngoh" et le "clan Motaze", du nom de deux hauts responsables de la Présidence de la République.
Le Port de Douala, poumon économique du pays qui concentre l'essentiel du trafic commercial du Cameroun, représente un enjeu stratégique et financier majeur, expliquant les luttes d'influence autour de sa gestion et du contrôle des opérations qui s'y déroulent.
La liste des destinataires en copie de cette correspondance témoigne de la sensibilité du dossier : le ministère des Transports (MINT), le Secrétariat général de la Présidence (SG/PM), le ministère des Finances (MINFI), la Présidence du Conseil d'administration du PAD (PCA/PAD) et la Présidence du Conseil d'administration de la SGS (PCA/SGS).
La réunion du 4 février devrait donc permettre de clarifier les conditions de reprise des activités de scanning au port de Douala-Bonabéri, dans un contexte où les enjeux économiques se mêlent aux rivalités politico-administratives au sommet de l'État.