Pourquoi Samuel Eto'o n'est pas un modèle pour la jeunesse

Eto'o Veste Bleue Modèle pour la jeunesse

Fri, 13 Mar 2026 Source: www.camerounweb.com

On peut parler de cinq raisons, selon Jean Ediegnie, qui montrent que Samuel Eto'o n'est pas forcément un modèle pour les jeunes camerounais, surtout les entrepreneurs. Le communicateur ne passe pas par quatre chemins pour les dévoiler. Notre rédaction relaie ses propos.

Le 27 février 2026, lors de la première édition du Digital B Mentoring, organisée par Bruno Bidjang, une scène particulière s’est produite. Face à un public de jeunes venus écouter des conseils, la légende du football camerounais, Samuel Eto'o, a raconté l'échec de son projet Set Mobile.

Selon ses propres mots, « j’ai investi 4 milliards de francs CFA de ma poche. J’ai fait confiance à des Camerounais brillants, mais certains ont vu en moi une banque ». Beaucoup ont applaudi l’honnêteté. D’autres y ont vu un témoignage inspirant. Mais pour qui connaît un peu l’économie et l’entrepreneuriat, cet exemple pose aussi plusieurs questions, car un mentor ne transmet pas seulement ses réussites. Il transmet les bonnes méthodes. Voici donc cinq raisons pour lesquelles Samuel Eto’o n’est peut-être pas le meilleur modèle entrepreneurial pour les jeunes.

Investir seul des milliards dans un projet n’est pas une stratégie entrepreneuriale. Dans le monde des affaires, une règle simple existe : on ne finance presque jamais seul un projet de grande envergure. Les entreprises modernes se construisent avec des partenaires, des investisseurs, des banques, des fonds d’investissement. Mettre 4 milliards de francs CFA de fonds propres dans une seule entreprise n’est pas un modèle. C’est un risque financier extrême et ce n’est certainement pas ce qu’un jeune entrepreneur camerounais doit reproduire.

L’entrepreneur ne doit jamais être la seule source d’argent. Dans un projet structuré, l’entrepreneur apporte une vision, mobilise des compétences, partage le risque. Lorsqu’une entreprise dépend uniquement de l’argent de son fondateur, elle devient fragile. Pourquoi ? Parce que toute l’organisation finit par considérer le fondateur comme une banque personnelle. C’est précisément ce que Samuel Eto’o lui-même a reconnu.

L’échec entrepreneurial ne s’explique jamais uniquement par les employés. Dans son témoignage, Samuel Eto’o explique que certains collaborateurs auraient « dépouillé la banque ». Mais dans la gestion d’entreprise, la responsabilité finale revient toujours au dirigeant. Un entrepreneur doit mettre en place des contrôles financiers, des audits, une gouvernance claire. Si ces mécanismes n’existent pas, le problème n’est pas seulement humain. Il est structurel.

L’entrepreneuriat ne se résume pas à investir de l’argent. Beaucoup de jeunes ont retenu une seule chose de ce témoignage : « Il faut avoir beaucoup d’argent pour entreprendre ». C’est faux. Les plus grandes entreprises technologiques du monde ont souvent commencé avec très peu de moyens. Ce qui compte le plus dans l’entrepreneuriat, ce sont l’idée, le modèle économique, l’équipe, la stratégie. Pas seulement l’argent.

Le rôle d’un mentor est d’éclairer, pas d’impressionner. Le mentoring repose sur trois principes : la transmission, la bienveillance, l’expérience utile. Lorsqu’un mentor raconte son parcours, l’objectif n’est pas de montrer sa puissance financière. L’objectif est d’aider les autres à éviter les erreurs. Et sur ce point, l’expérience Set Mobile aurait pu être une formidable leçon : comment structurer un projet, comment partager le risque, comment sécuriser la gouvernance.

Pour finir, Samuel Eto’o restera toujours une légende du football africain. Son parcours sportif est exceptionnel. Son influence est immense. Mais dans le domaine entrepreneurial, l’expérience racontée lors du Digital B Mentoring montre une chose importante : la réussite sportive ne garantit pas la maîtrise des règles de l’entrepreneuriat. Et pour les jeunes qui veulent entreprendre, la vraie leçon est peut-être celle-ci : on ne construit pas une entreprise avec la seule force de l’argent. On la construit avec une méthode. Et c’est cette méthode que la jeunesse camerounaise doit apprendre.

Source: www.camerounweb.com