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Présidentielle 2025 : entre Paul Biya et Maurice Kamto, Jean-Michel Nintcheu a tranché

Biya Kamto Un sondage aussi met Kamto devant pour 2025

Mon, 11 Jul 2022 Source: www.camerounweb.com

C’est l’interview politique qui alimente les débats au Cameroun depuis hier. Jean-Michel Nintcheu , homme politique camerounais, membre du Social democratic front (SDF) s’est livré au confrère Jeune Afrique. Le député a fait le tour de l’actualité sociopolitique du pays mais aussi à la crise interne qui déchire sa famille politique depuis plusieurs semaines avec les bouleversements intervenus.

Il est connu de tous Jean-Michel Nintcheu incarne un courant plus conservatiste au niveau du SDF, raison de ses différends avec John Fru Ndi et Joshua Osih qui paraissent Biya-compatibles.

D’ailleurs, Jean-Michel Nintcheu tranche sur le choix entre Kamo et Paul Biya. A la question de Jeune Afrique de savoir quel sont ses liens avec le MRC, Nintcheu n’a pas hésité à faire son choix. « Excellents, notamment avec son président Maurice Kamto. Le MRC considère qu'un opposant doit s'opposer et je me sens complètement en phase avec cette posture. Et puis je préfère que l'on me dise proche du MRC plutôt que du RDPC. Je l'assume. J'irai même plus loin en disant qu'à terme, on doit mutualiser nos efforts pour les élections. C'est indispensable si l'on veut renverser l'adversaire », a-t-il déclaré.



SDF : Jean-Michel Nintcheu fait de gros déballages sur John Fru Ndi et allume Joshua Osih (Jeune Afrique)



Le Social Democratic Front (SDF) traverse depuis plusieurs mois une crise interne sans précédent. Le président du parti John Fru Ndi qui a annoncé sa retraite politique semé des incompréhensions. Le Chairman a procédé à des nominations au sein du parti qui ne réjouissent pas tout le monde. Beaucoup de militants et d’observateurs voient en son attitude une prise de position en faveur du député militant Joshua Nambangi Osih, au grand dam de Jean-Michel Nintcheu. Ce dernier s’est confié au Magazine Jeune Afrique dans une interview. L’homme politique est revenu amplement aux remous internes.

A la question de savoir pourquoi il conteste les décisions de John Fru Ndi avec les nouvelles nominations au sein du parti, Jean-Michel Nintcheu n’est pas passé par quatre chemins

« Parce qu'elles sont inopportunes. L'usage veut que le shadow cabinet soit nommé directement après le congrès et à la suite de larges consultations. Cela n'a pas été fait après le congrès de 2018, ce qui nous a laissés penser qu'il y avait eu une reconduction tacite des mandats en cours. Les mandats des personnes concernées devaient s'achever début 2023. Quel intérêt y avait-il à les remplacer maintenant ? C'est comme si le but inavoué, avec ces nominations, était de modifier de façon artificielle les rapports de forces au sein du Comité exécutif national [NEC].Et puis nous estimons qu'il y a eu violation des dispositions statutaires dans le sens où les larges consultations que prescrivent nos textes en amont de tout remaniement de ce type n'ont pas été effectuées. Des membres de la section du Littoral ont même été nommés alors que moi qui suis président régional, je n'ai jamais été consulté pour attester de leur qualité de membre ou simplement pour faire des propositions. Conséquence: les trois quarts des personnes nommées ne remplissent pas les conditions requises. Agbor Balla est devenu militant du SDF le jour où il a été nommé ! », a-t-il déclaré.

Pour ce qui est de Joshua Osih, vice-président du SDF, qui avait affirmé avoir été consulté en amont de ces nominations, Jean-Michel Nintcheu pense que c’est plutôt lui qui est à la manœuvre.

« Je pense même que c'est lui qui est derrière ces nominations ! Je suis convaincu que le chairman Fru Ndi ne connait pas 99 % des gens qui ont été nommés. Osih a décidé de mettre le parti en difficulté parce qu'il ne pense qu'à son propre intérêt et parce que le rapport de force au sein du NEC ne jouait pas en sa faveur. Cela n'était bon augure pour lui dans la perspective du congrès prévu en 2023. Je pense qu'il est parvenu à entraîner le chairman sur un chemin périlleux pour le parti. », a-t-il déclaré à Jeune Afrique.

Tout cela ne découle-t-il pas de la guerre de leadership qui vous oppose à Osih ? A cette question de Jeune Afrique, Jean-Michel Nintcheu s’est montré plus incisif et a tiré sur Paul Biya aussi.

Non, il n'y a pas de guerre de leadership. Je n'ai pas non plus de problème personnel avec Joshua Osih. Je fais partie de ces militants et de ces cadres historiques du SDF qui sont contre les dérives de la direction du parti, contre son soutien affiché au régime de Paul Biya qui est le fossoyeur de la démocratie. Nous ne voulons pas de ces relations incestueuses. Nous, nous sommes pour le retour aux fondamentaux. Le parti doit même être encore plus radical qu'il ne l'était dans les années 1990 car les choses sont allées de mal en pis.« Les espaces de liberté pour lesquels nous nous sommes battus en 1990 ont tous été mis entre parenthèses »Paul Biya avait 60 ans en 1990. Il en a désormais 89 et il ne veut toujours pas partir. Les espaces de liberté pour lesquels nous nous sommes battus en 1990 ont tous été mis entre parenthèses. Nous devons mutualiser nos efforts et, surtout, ne jamais collaborer avec le régime en place. Ce n'est pas en étant dans ses bonnes grâces que nous changerons quoi que ce soit », a-t-il livré.

Source: www.camerounweb.com