Le 25 février 2026, la Cour suprême du Cameroun a décidé de sonner l'alerte sur les affaires de corruption et de faux dans le secteur foncier. Lors de l'audience de rentrée judiciaire, cette haute juridiction a, en effet, dénoncé des pratiques scandaleuses observés dans ce secteur. C’était en présence des membres du gouvernement dont Henri Eyebe Ayissi, ministre des Domaines, du Cadastre et des Affaires foncières.
À l’occasion, le discours du premier président de la Cour suprême, représenté par le président de la Chambre judiciaire, Joseph Fonkwe Fongang, a mis en lumière les dérives et les dysfonctionnements qui gangrènent le secteur foncier au Cameroun. Ce secteur, qui devrait être un levier de développement économique et social, est en réalité un véritable champ de mines, où les droits de propriété sont bafoués et les citoyens sont victimes de l'opacité et de la corruption.
M. Fonkwe Fongang fera savoir que la gestion du contentieux foncier est confiée à l'administration, aux juridictions administratives et aux juridictions de l'ordre judiciaire. Mais la multiplication des litiges fonciers révèle que ces structures n'accomplissent pas toujours avec efficience cette mission. Cela s'explique par l'existence de nombreux errements au niveau de l'administration, des juridictions et à la phase d'exécution des décisions de justice en matière foncière.
À cela il faut ajouter la législation foncière camerounaise dépassée, qui, sur plusieurs aspects, appelle une indispensable réforme. Il rappellera qu’il ne peut y avoir de développement économique, si la propriété foncière et la gestion du contentieux ne rassurent pas. Cela est nécessaire pour redonner confiance aux concitoyens, pour rassurer les opérateurs économiques et les investisseurs étrangers.
Voilà pourquoi, le président de la République Paul Biya, par ailleurs président du Conseil supérieur de la magistrature, a souligné avec emphase lors de son discours de fin d'année 2024 que : « Améliorer la gouvernance, c'est garantir une sécurité juridique aux investisseurs privés. C'est assurer la protection de la propriété foncière où certaines dérives ont été constatées. Soyez assurés d'une chose, des sanctions appropriées seront infligées aux auteurs des infractions qui seront établies ».
Ndlr, maintenant qu’un œil beaucoup plus attentif est accordé au secteur, les récalcitrants pourraient se voir infliger une peine de prison à vie, nous confient des sources au ministère de la Justice.
L’Indépendant N°1007 du lundi 2 mars 2026