Procès Zogo : le lieutenant-colonel Ayissi Nanga défend la thèse d’un second commando, selon Jeune Afrique

Lieutenant Colonel Ayissi Nanga FERDINAND NGOH NGOH Image illustrative

Fri, 30 Oct 2026 Source: www.camerounweb.com

Dans la soirée du lundi 26 octobre, le lieutenant-colonel Parfait Ayissi Nanga s’est présenté à la barre du tribunal militaire de Yaoundé, le visage fermé, rapporte Jeune Afrique. Le magazine rappelle qu’il est commandant en second de la Légion de gendarmerie du Sud et qu’il dirigeait le groupement de gendarmerie territoriale de Yaoundé au déclenchement de l’affaire Martinez Zogo. Selon Jeune Afrique, il a dit avoir récemment fait l’objet de menaces en raison de son intention de témoigner.

Un témoin très attendu. Jeune Afrique précise qu’il a fallu deux jours supplémentaires d’audience, dont la dernière a été exceptionnellement accordée par le président du tribunal, pour que le public, venu en nombre, se fasse une idée de ce témoin clé. Le magazine le décrit parlant « sans hésitation, avec des mots habilement choisis », et note que ses propos ont surtout consisté à contester les conclusions de l’enquête initiale.

Les enquêteurs dans le viseur. D’après Jeune Afrique, il a affirmé, en réponse à un avocat de la partie civile : « Les premiers enquêteurs ont créé des assassins et des commanditaires. » Il a invité le tribunal à « examiner le rôle des deux enquêteurs », Jean Pierre Otoulou et Dieudonné Bialo, qui avaient témoigné avant lui. Selon lui, ces deux officiers supérieurs ont choisi d’ignorer l’historique téléphonique du défunt, qui aurait pu servir de point de départ pour solliciter les compagnies de téléphonie mobile. Ce sont ses accusations, que le magazine rapporte sans les vérifier.

La thèse du double groupe. Jeune Afrique indique que le lieutenant-colonel estime qu’après l’enlèvement et les actes de torture exercés sur Martinez Zogo à Soa, un second groupe l’aurait transporté à Yaoundé, où il aurait été achevé avant que son corps soit abandonné. Il avance plusieurs indices : le décalage entre les déplacements des deux groupes, la présence d’excréments dans l’un des véhicules, qui suggérerait que le journaliste était nu alors qu’il avait été enlevé avec ses vêtements, et un échange tendu entre des membres des deux équipes. Le magazine précise qu’il reconnaît ne pas avoir eu le temps de réunir les preuves de ce qui serait advenu de la victime après son transfert.

Martin Savom mis en cause. Selon le témoin, cité par Jeune Afrique, « Monsieur Savom est celui-là même qui a reçu la victime à Yaoundé, l’a achevée et l’a redéposée, selon les conclusions du médecin légiste ». Il évoque « une intense activité » de ce dernier dans la nuit du 17 janvier et des « contacts étranges » avec le colonel Danwe, et martèle : « Son implication est certaine. » Jeune Afrique relève la réaction de l’avocat de Martin Savom, Me Marius Nanga Evom : son client « n’a pas été inquiété durant l’enquête préliminaire » et « ne se reconnaît pas dans toute cette affaire ».

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