L’enquête sur l’emploi et le secteur informel EESI3, réalisée en 2021 et publiée en 2023, estime à 86,6 % la part de l’emploi informel au Cameroun. La donnée a été remise en perspective le 3 octobre dans le débat sur les créations d’emplois.
L’informel non agricole représente 52 % de l’emploi et l’informel agricole 34,7 %. Le secteur public pèse 8,2 % et le privé formel 5,1 %. Seuls 38,6 % des actifs occupés sont salariés, tandis que 78,3 % des travailleurs informels exercent à leur propre compte.
Les écarts territoriaux sont forts : l’informalité dépasse 94 % dans le Nord et l’Extrême-Nord, contre 75,9 % à Yaoundé et 70,1 % dans le Sud-Ouest. Une politique uniforme risque donc de manquer les réalités locales.
Formaliser ne signifie pas multiplier les contrôles sur des activités fragiles. Il faut réduire le coût d’enregistrement, simplifier l’impôt, offrir une protection sociale proportionnée et donner accès au crédit, aux marchés publics et à la formation.
La prochaine enquête devra actualiser une photographie vieille de cinq ans. Sans données plus fréquentes, le pays pilote l’emploi avec un rétroviseur, alors que les prix, les technologies et les déplacements de population transforment rapidement les activités.