Le 5 août de l'an dernier, l'administration autocratique de Paul Biya a enclenché un dangereux précédent. La candidature du principal opposant, Maurice Kamto, était définitivement invalidée par un Conseil constitutionnel aux ordres de l'exécutif. Kamto, juriste de renom, accompagné d'une batterie d'avocats, n'a pas pu convaincre Clément Atangana et sa « horde de conseillers » dont la partialité ne fait aucun doute. Elecam avait ouvert le bal quelques jours plus tôt, rejetant la candidature du candidat présenté par le MANIDEM. Le régime, qui n'aime pas être pris de court, avait déterré un ancien militant du MANIDEM pour déposer une candidature fantoche dans la nuit, modifiant miraculeusement le site du Minat. L'analyste dresse le portrait d'un régime oppressif et méprisant, qui a poussé les limites de sa cruauté en bafouant les aspirations d'un peuple qui ne veut plus de lui. Kamto, l'homme qui était l'opposant le plus préparé, a été écarté. Mais son legs politique est gargantuesque. « Ce que les Camerounais devraient retenir de ce 5 août 2025, c'est que la démocratie a pris un autre coup de poignard au Cameroun. L'oppression a pris un galon. Et ce n'est pas fini. »
Le 5 août de l'an dernier, l’administration autocratique de Paul Biya a enclenché un dangereux précédent. La candidature de son principal opposant, Maurice Kamto, était définitivement invalidée par un Conseil constitutionnel aux ordres de l’exécutif.
Kamto, juriste de renom, accompagné d’une batterie d’avocats a l'expérience certaine, n’a pas pu convaincre Clément Atangana et sa horde de conseillers dont la partialité ne fait l'ombre d'aucunn doute.
Le Conseil constitutionnel n’était pas là pour dire le droit mais pour obéir aux instructions. Et tout était mis en place pour cela.
Elecam avait ouvert le bal de ce triste spectacle quelques jours plus tôt . Son président, certainement choisi pour de pareilles besognes, un ancien gouverneur et ponte du système, avait alors prononcé le rejet de la candidature du candidat présenté par le MANIDEM.
Maurice Kamto, en réalité, les avait vus venir. Le report des élections locales. La montée d’un narratif sur le mandat impératif.
Le régime avait déjà montré sa main et, dans une ultime manœuvre pour contourner ces pièges de l’époque de la pierre taillée, KAMTO avait discrètement collaboré avec et puis rallié le MANIDEM du président Anicet Ekane.
Mais le régime n’aime pas être pris de court et a décidé de montrer un autre pan de sa sauvagerie. Un ancien militant du MANIDEM sera déterré pour la circonstance et acheminé vers Yaoundé pour déposer une candidature fantoche dans la nuit et à la toute fin des délais de dépôt. Comme par miracle son nom va apparaître nuitamment sur le site du Minat comme étant le président du MANIDEM alors que quelques heures plus tot c'est celui de Anicet Ekane qui y figurait encore.
Le Minat, un homme à la moralité questionnée, surtout connu pour ses coups sans vergogne, fera une sortie des plus bizarres pour annoncer le piratage du site de son département et des poursuites judiciaires… Bref, de l’enfumage. Il n’y a eu aucune plainte.
KAMTO sera écarté. L’homme qui était l’opposant le plus préparé à la fois sur le plan logistique, de l’implantation de son parti, de son projet de société, et de son déploiement à affronter Paul Biya.
Le régime est reconnu oppressif et méprisant envers son peuple, ce jour il est monté de plusieurs palliers. C’était du sadisme.
Depuis le retour au multipartisme, les élections présidentielles n’ont jamais été véritablement libres et transparentes. Et 2025 n’allait pas être différent, mais le but du régime était de voir jusqu’où il pouvait pousser les limites de sa cruauté et bafouer les aspirations d’un peuple qui ne veut plus de lui. Le régime connaît les Camerounais et les sait passifs bien que fatigués de ses méthodes et de son oppression.
Et une fois de plus il a eu raison de penser qu’il pouvait exhiber sa sauvagerie et polluer le processus électoral sans grande conséquence.
Les quelques courageux qui ont manifesté à l’extérieur du palais des congrès ont été interpellés. Entre-temps, les opposants de convenance et leurs supporteurs à la lecture simpliste teintée d’ignorance, de haine tribale ou de peur de changer le statu quo ricanaient et trouvaient des explications plus sordides les unes que les autres.
Ils y en a qui trouvaient des circonstances atténuantes à ce régime et se moquaient de l’homme qui, par son travail, son intégrité, son intrépidité, son courage, sa popularité constante et sa carrure, leur a toujours ravi la vedette.
Maurice Kamto est donc sorti de la course. L’homme qu’ils avaient accusé de tous les maux du Cameroun était hors jeu, mais restait extraordinairement présent malgré lui. Il sera accusé une fois de plus…cette fois-ci de ne pas avoir choisi clairement un candidat. De n’avoir pas assez parlé, de n’être pas descendu dans la rue lors de la crise post-électorale et de n’être pas allé aux obsèques d’Anicet Ekane alors même que les dernières volontés
de celui-ci n’avaient pas été respectées et sa propre femme avait été mise à l’écart.
Kamto lui, aujourd’hui, parle moins, observe aussi, et si jamais il décidait de ne même plus s’intéresser, son legs politique est gargantuesque.
Le régime connaît ses vrais adversaires et le montre depuis 10 ans. C’est Maurice Kamto l’adversaire. À plus de 70 ans, il peut décider de faire le tour du monde avec sa femme Julie et se dire qu’il a pleinement réussi sa vie.
Avoir une carrière professionnelle extraordinaire, obtenir le prix Boutros-Gali, être au sommet mondial dans son domaine, il aura en plus trimbalé le système Biya pendant une bonne dizaine d’années sans compromettre son intégrité puis voir tous ses enfants réussir. C’est du Big boss move. Et l’homme est un colosse!
Ce que les Camerounais, devraient retenir de ce 5 août 2025, c’est que la démocratie a pris un autre coup de poignard au Cameroun . L’oppression a pris un galon. Et ce n’est pas fini. Ils s’en rendront peut-être compte un jour, espérons que ce ne sera pas déjà trop tard…
#Cameroun