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General News Sat, 1 Aug 2020

Quand la mort devient une opportunité d’emploi

Des jeunes gens fabriquent et vendent des gerbes de fleurs aux familles durement endeuillées. Dans l’épreuve du deuil, les fleurs sont le principal témoignage de notre soutien, et transmettent naturellement nos sentiments et nos émotions.

Il est 13heures, c’est l’heure de pointe. Au lieudit rue Goker dans le premier arrondissement, plus précisément au niveau du magasin d’ameublement « vision confort », la circulation est dense et il est impossible de rouler à une vitesse normale. S’en suit donc un bal de klaxons qui ne laisse personne indifférent. Non loin de cette ambiance, une femme de teint clair masque au nez, s’impatiente. A ses côtés se trouve Marcellin Oyono, un fleuriste qui charge des gerbes de fleurs et d’autres variétés dans la malle arrière de sa voiture. La dame paie le fleuriste et démarre le véhicule. « Ça n’a pas toujours été ainsi… », S’exclame le jeune homme. Fait à base de plastique, de latex, de polyuréthane, de tergal et de tissus, l’on a à faire à une diversité de plantes florales, des gerbes exposées de part et d’autres dans cet atelier à ciel ouvert, c’est ce qui attire l’attention.

Occupé à agencer ces traditionnels bouquets de sympathie, coussins ronds ou carrés, les couronnes, les vanneries et les raquettes afin de répondre aux exigences d’une commande datant de deux jours, le fleuriste déclare : « avant, on faisait juste des gerbes, il n’y avait pas de requête et on en était heureux. Ça n’a pas toujours été ainsi. Aujourd’hui, tout a changé. Les clients veulent des gerbes avec des fleurs précises », ajoute Marcellin. Tout changement implique des fonds et une garantie de la qualité. Cela n’échappe pas au jeune fleuriste. « Parfois certains clients demandent des fleurs que nous ne pouvons trouver et même quand on finit par s’en procurer, le prix auquel on l’achète est vraiment exorbitant. La crise économique n’épargne personne. Le lot de fleurs qu’on prenait à 24 000Fcfa coûte désormais 30000Fcfa voire 32000Fcfa », souligne le fleuriste.

Les fleurs, entre passion et rentabilité Un peu plus loin toujours sur ce même axe, juste avant le « Magasin NIKI central » se trouve Augustin Ze. Accroupi devant des plants de fleurs certainement des lys et œillets, il les repique dans un autre pot et les arrose. Il refait la même opération un bon nombre de fois. « Il n’y a rien de plus beau que les fleurs. Mon père était fleuriste et moi-même je le suis. Les fleurs pour moi, c’est plus qu’une histoire, c’est une passion. Le choix de la composition florale est important. Celui-ci peut être fait en fonction de la personnalité du défunt, de la relation que nous entretenons avec sa famille ou ses proches, mais aussi du type de cérémonie qui lui est dédié », affirme le jeune homme, le regard souriant. « On attribue aux femmes des tonalités crème ou pastel, qui traduisent la douceur, la tendresse et la féminité.

Les hommes héritent quant à eux de tons plus vifs et colorés, avec des compositions champêtres inspirées par la nature et la vitalité », rajoute-t-il. Pour lui, les gerbes de fleurs sont une de leurs spécialités car connu pour leur utilisation massive lors des enterrements, des célébrations mortuaires. « Lors de cette manifestation, les clients peuvent choisir les fleurs artificielles ou naturelles. Dans tous les cas, les prix diffèrent et eux-mêmes le savent. On n’a pas besoin de leur dire que les fleurs artificielles coûtent plus chers que celles naturelles car on ne les plante pas », explique Augustin. De son côté, Marcellin approuve. « Au moment où l’on fait les gerbes de fleurs naturelles à 10 000f par exemple, celles artificielles seront à 15 000f », précise-t-il. A l’en croire, une gerbe de fleurs artificielles n’est pas à la portée de tous.

Bec de perroquet, aster jaunes ou violet, pandanus, lys, fleurs des tropiques, roses… Voilà la plupart des types de fleurs qui entre dans la conception d’une gerbe de fleurs. « Nous utilisons différents types de fleurs pour réaliser une gerbes mais ce que nous gagnons ne suffit pas pour nourrir tout une famille. Heureusement qu’il y a d’autres marchés comme la composition de fleurs pour les anniversaires et mariages sinon on ne survivrait pas », soupire Marcellin. A la question de savoir si, faire cette composition est rentable, Augustin lève ses mains au ciel et remercie le Seigneur. « Les semaines ne se ressemblent pas chez nous. Des fois, tu peux avoir trois clients en une semaine et parfois tu peux en avoir cinq ou six. A vrai dire, ce n’est pas si rentable que ça, on apprend à s’adapter à sa situation », martèle-t-il. Il n’y a pas de sot métier mais celui de fleuriste n’est pas des plus simples surtout quand il s’agit de confectionner des gerbes de fleurs. Un regard dans leur univers, ferait pâlir d’admiration plus d’un.

Source: 237online.com

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