Quelque chose se prépare : des individus volent au tribunal criminel spécial des documents précis

Tribunal Cmr Tribunal criminel spécial

Wed, 2 Sep 2026 Source: www.camerounweb.com

Il s'agit d'un très curieux début de mois de septembre du côté du Tribunal criminel spécial (TCS). C'est un coup de théâtre digne d'un thriller politique, une réalité inquiétante qui vient secouer l'appareil judiciaire national.

Dans la nuit du 31 août au 1er septembre, le Tribunal criminel spécial à Yaoundé a été pris d'assaut. Des individus qui n'ont pas pu être identifiés se sont introduits dans cette enceinte normalement sécurisée, emportant avec eux d'importants dossiers de procédure ainsi que des scellés capitaux.

Ce qui rend la chose encore plus stupéfiante, c'est que les lieux étaient placés sous la garde des éléments du Service central des recherches judiciaires du Secrétariat d'État à la défense (SED). Pourtant, l'organe d'élite de la gendarmerie nationale oppose un mutisme déconcertant, affirmant n'avoir « rien vu, ni rien entendu ». C'est donc une posture qui alimente d'ores et déjà les soupçons de complicités internes au plus haut niveau.

Le TCS, qu'il nous soit permis de le constater, n'est pas un tribunal ordinaire. Il a été créé pour traquer les détournements de deniers publics, abritant donc les secrets les plus explosifs de la République et les preuves matérielles de l'opération Épervier. Cette opération a été lancée en 2006, validée par le président Paul Biya, consistant à une campagne judiciaire de moralisation de la vie publique et de lutte contre les détournements de deniers publics. Son objectif est de poursuivre et d'incarcérer les hauts fonctionnaires, anciens ministres et directeurs d'entreprises publiques soupçonnés de corruption massive ou de crimes économiques.

Aujourd'hui, alors que ces dernières semaines, il y a de nouveaux développements liés aux arrestations des personnalités poursuivies dans le cadre de cette affaire, un tel cambriolage sans la moindre alerte pose de sérieuses question. La disparition des scellés physiques comme les documents bancaires originaux, les rapports d'audits non numérisés, les pièces à conviction, etc. peut vicier la procédure et paralyser les réquisitions du ministère public.

C'est donc certains que sans preuves tangibles, les avocats de la défense s'engouffreront sans hésiter dans la brèche pour contester la validité des accusations, voire réclamer des annulations pures et simples. Le cambriolage s'apparente donc à un coup de poignard porté à la lutte contre la corruption dans le pays.

S'il fait mal à certains qui veulent que la justice soit appliquée, il réjouit d'autres dont la perte soudaine de preuves peut libérer de toutes charges. C'est une affaire à suivre.

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