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Révélations de Me Kontchou: 'des prisonniers du MRC tabassés dans des camps'

Me Gabriel Kontchou Me Gabriel Kontchou

Wed, 15 Sep 2021 Source: www.camerounweb.com

• De nombreux militants du MRC sont toujours en prison

• Selon l'un de leurs avocats, beaucoup sont violentés dans des camps

• Révélations faites par Me Kontchou sur ABK radio ce mercredi


Invité dans l'émission ABK matin, Me Gabriel Kontchou dénonce comment sont maltraités les militants du MRC arrêtés dans le cadre des manifestations organisées par le parti politique en septembre 2020.

"Ceux qui sont en prison maintenant sont ceux qui ont été arrêtés dans le cadre de la marche du 22 septembre 2020. Tout avait été fait pour que le président KAMTO ne prenne pas la tête de cette marche. Mais elle a quand même eu lieu...Nos clients qui sont aujourd'hui en prison sont mis dans des camps et sont tabassés, selon ce qu'ils nous rapportent. Il y en a qui nous disent qu'ils sont victimes de propos tribaux. Ces propos tribaux sont lancés par les policiers parce qu'ils font preuve d'un zèle et cela peut conduire à une révolte de la par des citoyens", a déclaré Me Kontchou, membre du collectif SOUOP.

"Les détenus ne sont pas lâchés, ils savent que le président KAMTO se soucie d'eux...La critique que l'on fait à l'égard de la direction du pays s'adresse au système. Faire une manifestation pour critiquer le président de la République n'est en rien un problème. Quand les gens accepterons qu'on peut critiquer le président de la République sans que cela ne soit une infraction, alors on pourra avancer sur le plan pratique dans la démocratie. Je pense que si les policiers faisaient bien leur travail (les policiers ont le droit d'user de la force dans le cadre de le travail mais cela doit être le dernier recourt), il n'y aurait pas ces violences", a ajouté Me Kontchou entre autres.

Rappelons qu'il a quelques jours les avocats des militants du MRC arrêtés ont informé l'opinion qu'ils ne vont plus défendre ces prisonniers devant une justice partisane.

Dans un article publié par Radio France international (RFI), Maître Emmanuel Simh, membre de ce collectif et vice-président du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC) a expliqué pourquoi lui et ses confrères se sont retirés de l'affaire.

"Les avocats se sont retrouvés dans l’impossibilité d’avoir accès à une justice équitable. La justice dans les affaires des militants du MRC obéit simplement au pouvoir politique de Yaoundé qui, pour nous, profite de ces procédures pour régler les comptes politiques à un parti pourtant légalisé. Nous estimons qu’il y a un défaut total d’indépendance, d’impartialité et d’équité des juges camerounais, qu’ils soient juges civils, administratifs ou juges militaires", a déclaré Me Simh.

"Il n’est pas pensable que des civils soient jugés devant la juridiction militaire en dépit des protestations qui ont été faites. Il nous a semblé donc nécessaire en tant qu’avocats de cesser de prêter notre profession à ce que nous considérons finalement comme étant une véritable parodie de justice. Accompagner ces personnes dans ces conditions, c’est pour nous être complices de cette justice qui en fait n’en est pas une", ajoute-t-il.

Source: www.camerounweb.com