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RDPC : les coulisses d’une bataille dans l’Extrême-Nord

RDPC 40 Image illustrative

Wed, 25 Jan 2023 Source: L’OEIL DU SAHEL

Débutée le dimanche, 22 janvier 2023 vers 16h, pour se clôturer le lendemain à 12h, la réception des listes des candidats du Rdpc pour l'investiture a joué les prolongations jusqu'à mardi dans l'après-midi. C'est dire combien les tractations et autres conciliabules ont été âpres. Certains candidats ont passé des nuits blanches à la recherche des colistiers. Des moments de pression et d'incertitude qui ont amené certains candidats à jeter l'éponge, abandonnant leurs partenaires au milieu du gué. «J'ai vécu le plus grand moment politique de ma vie. Arriver à former et à déposer une liste de 14 personnalités issues de 6 départements de la région de l’Extrême-Nord. Je rends grâce à Dieu. C'est à 3h30 que ma liste a été déposée et acceptée par la commission régionale. C'est à 18h que j'ai trouvé la septième personne de ma liste. Réussir à remplacer une personne de la liste par une autre qu’on n’a jamais vue, réussir à maintenir une candidate à 23h qui voulait désister, sous la pression des autres, pour entrer dans une autre liste et nous abandonner à la dernière minute, c'est un grand exploit. Gloire à Dieu», confie sous cape un candidat tête de liste. La commission régionale de réception et d'analyse des candidatures des militantes et militants du parti du flambeau a travaillé pendant deux jours d'arrache-pied. Dans leur quartier général au Cercle municipal de Maroua, les membres de la commission ont vu passer devant eux, la quasi-totalité des candidats à l'investiture. Ils réceptionnent, analysent et vérifient d'éventuelles pièces manquantes ou autres défauts sur les dossiers de candidature susceptibles de rejet.

Au total, cinq listes ont été déposées et acceptées pour transmission à la commission nationale d'investiture. Deux sont conduites par d’anciens sénateurs: Mahamat Abdoulkarim et Martin Amrakaï, et trois par des candidats qui tentent l'expérience pour la première fois: Abdou Kidantang, Hamadou Boukar et Adama Yassifou. Un premier constat se dégage: la dislocation de la liste des anciens sénateurs. Mahamat Abdoulkarim, Alioum Alhadji, Djakaou Julienne, Abdoulaye Marava et Zakiatou épouse Salé, se sont encore mis ensemble pour poursuivre l'aventure des sénatoriales. Martin Amrakaï et Bladi Malla se sont retirés et ont formé une liste dont ils sont les piliers. Les anciens sénateurs ont été poussés à la séparation par certaines dispositions de la circulaire relative aux opérations d'investiture. «Il fallait introduire deux jeunes dont une femme, âgés entre 40 et 50 ans. Nous avons tous dépassé cet âge. On n'avait pas le choix que de constituer deux listes. Mais cela a été fait au cours d'une réunion de famille. Nous nous sommes tous retrouvés et on a lu la circulaire. Nous étions obligés de nous dispatcher dans deux listes pour respecter la circulaire. Pour nous, l'essentiel était que tous les anciens sénateurs soient sur des listes. Je pense que les sept sont sur des lites», explique le sénateur Alioum Alhadji.

Selon ce membre du bureau de la chambre haute de notre parlement, il n'y a aucun problème entre les anciens sénateurs de la région de l’Extrême-Nord, comme le laisse entendre une certaine opinion. «Toutes les listes se valent. Parce que nous sommes tous des candidats. Si on disait qu'il y avait une seule liste qui devait être retenue, dans ce cas, on dirait que les deux anciens sénateurs qui ne figurent pas sur notre liste ont été rejetés ou sacrifiés. Or, tel n'est pas le cas», justifie-t-il pour calmer la polémique autour de la dislocation de la liste des anciens sénateurs. Un avis partagé par Bladi Malla. Le sénateur du Mayo Sava, candidat à sa propre succession, indique qu'il s’agit plutôt d'une stratégie gagnante. «Les gens pensent qu’un problème est né entre nous. Il n'en est rien. C'est tout simplement pour satisfaire aux exigences de la circulaire qui veut qu'on mette deux jeunes et deux femmes. Si nous, anciens sénateurs, restons sur une même liste, où allons-nous mettre les jeunes? Si nous nous sommes retirés à deux, les autres ont la possibilité de maintenir deux femmes, les anciennes sénatrices et d'y ajouter deux jeunes. Et nous aussi, nous avons la possibilité de mettre deux femmes et deux jeunes sur notre liste. C'est ce qui a été fait. Il s'agit plutôt une stratégie gagnante», tente-t-il de rassurer.

JEUNES LOUPS

Dans les listes de candidature pour investiture déposées à la commission régionale, apparaissent des jeunes loups qui ont un état de service fort appréciable pour leur parti. C'est le cas de Hamadou Boukar qui est tête de liste dans laquelle on retrouve d'autres jeunes. A l'instar de Nikamané Natanael et Danzabe Gabriel, des jeunes femmes sont également au rendez-vous des sénatoriales. Qu'il s'agisse de Praha Henriette, d'Adda Claire ou de Darbaowa Marthe, le parti a fait place nette à la gente féminine qui a su saisir l'occasion pour tenter l'expérience de l'élection des sénateurs de la troisième mandature de la chambre haute du parlement.

Source: L’OEIL DU SAHEL