REMANIEMENT: Laurent Esso, Fame Ndongo, René Sadi, Louis Paul Motaze et Célestine Ketcha Courtès écartés par Ngoh Ngoh

Ngoh Ngoh Et Laurent Esso Image illustrative

Mon, 5 Oct 2026 Source: www.camerounweb.com

Selon des informations exclusives du lanceur d'alerte Boris Bertolt, Ferdinand Ngoh Ngoh, secrétaire général de la Présidence de la République, aurait formulé une proposition de remaniement ministériel à la demande de Paul Biya, après la présidentielle d'octobre 2025. Cette proposition écarterait plusieurs figures historiques du régime, parmi lesquelles Laurent Esso, Jacques Fame Ndongo, René Sadi, Louis Paul Motaze et Célestine Ketcha Courtès.

C'est une information qui, si elle se confirme, bouleverserait l'architecture du pouvoir camerounais. Selon Boris Bertolt, une proposition de remaniement aurait été soumise à Paul Biya par Ferdinand Ngoh Ngoh, dans la foulée de l'élection présidentielle d'octobre 2025. Ce document écarterait plusieurs poids lourds du régime.

Parmi les personnalités concernées figurent Laurent Esso, ministre d'État, ministre de la Justice, garde des Sceaux, en poste depuis 2011. Jacques Fame Ndongo, ministre d'État chargé de l'Enseignement supérieur, dont la longévité au gouvernement remonte à 2004, serait également sur la liste des partants. Tout comme René Emmanuel Sadi, ministre de la Communication, et Louis Paul Motaze, ministre des Finances.

Le nom de Célestine Ketcha Courtès, ministre de l'Habitat et du Développement urbain, est également cité. Ces propositions interviennent dans un contexte de profonde recomposition des équilibres au sommet de l'État.

Un contexte de guerre des clans

Cette révélation s'inscrit dans un contexte de vives tensions au sein de l'appareil d'État, où plusieurs clans s'affrontent pour le contrôle des leviers de pouvoir. Des sources concordantes évoquent une rivalité entre le « clan Ngoh Ngoh » et d'autres factions, notamment celle regroupée autour de Louis Paul Motaze .

Selon des informations publiées par Jeune Afrique, Ferdinand Ngoh Ngoh envisageait déjà, en décembre 2025, le remplacement de ministres influents avec lesquels ses relations étaient exécrables, citant notamment René Emmanuel Sadi et Paul Atanga Nji . Le nom de Laurent Esso était également mentionné parmi les ministres dont le remplacement était envisagé .

Près de onze mois après l'élection présidentielle d'octobre 2025, le Cameroun n'a toujours pas de nouveau gouvernement. Le Premier ministre Joseph Dion Ngute et son équipe, en fonction depuis 2019, continuent de gérer les affaires courantes . Une situation inédite depuis 1992, selon le Timbuktu Institute .

Cette paralysie institutionnelle est alimentée par les luttes d'influence au sommet de l'État. Le chercheur Thomas Atenga évoque un « État stationnaire », tandis que l'acteur de la société civile Hilaire Kamga estime que les propositions de chaque camp finissent systématiquement par être neutralisées par celles du camp adverse, rendant l'arbitrage présidentiel quasiment impossible .

Selon Africa Press, des ministres exclus, soutenus par des clans au sein de l'armée, contesteraient violemment la légitimité d'un remaniement préparé par Ferdinand Ngoh Ngoh et Chantal Biya. Craignant des poursuites judiciaires, ces exclus menaceraient de « tout gâter » en reconnaissant la victoire de l'opposant Issa Tchiroma et en refusant la nouvelle équipe gouvernementale .

Ces tensions illustrent l'ampleur des enjeux liés à ce remaniement, qui dépasse la simple recomposition d'une équipe gouvernementale pour toucher aux équilibres profonds du régime.

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