REVELATION JEUNE AFRIQUE : comment l'État évite un procès coûteux avec Marc Brys

Brys Ngoh Ngoh Image illustrative

Wed, 14 Jan 2026 Source: www.camerounweb.com

Jeune Afrique révèle les calculs financiers qui ont poussé le gouvernement à maintenir le contrat du sélectionneur évincé

Derrière le maintien du salaire de Marc Brys malgré son éviction se cache une stratégie juridique et financière minutieuse du gouvernement camerounais. Jeune Afrique dévoile les coulisses d'une décision qui pourrait faire économiser plusieurs centaines de millions de francs CFA à l'État.

Selon les informations exclusives obtenues par Jeune Afrique auprès de juristes ayant étudié le dossier, le contrat signé entre l'État camerounais et Marc Brys contient des clauses de protection particulièrement favorables au sélectionneur belge. L'article VII du document, que Jeune Afrique a pu consulter, stipule que toute résiliation anticipée sans faute grave de l'entraîneur obligerait l'administration à verser l'intégralité des salaires restants jusqu'à l'échéance du contrat.

Jeune Afrique a effectué le calcul : avec un salaire mensuel de 39,58 millions de francs CFA, et sachant que le contrat court jusqu'au 7 septembre 2026, une rupture officielle en janvier aurait coûté environ 316 millions de francs CFA (480 000 euros) à l'État camerounais, uniquement en indemnités contractuelles. À cela s'ajouteraient potentiellement des dommages et intérêts si Marc Brys décidait de porter l'affaire devant une juridiction sportive internationale.

Jeune Afrique révèle que c'est précisément la perspective d'un recours devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) qui a dissuadé le ministère des Sports de notifier officiellement le licenciement de Marc Brys. Des sources juridiques contactées par Jeune Afrique indiquent que les conseillers du ministre Narcisse Mouelle Kombi ont alerté sur les risques d'un contentieux international.

Selon les informations de Jeune Afrique, plusieurs précédents dans le football africain ont montré que les instances arbitrales internationales condamnent régulièrement les fédérations et gouvernements à des indemnités substantielles lorsque les licenciements d'entraîneurs ne respectent pas les procédures contractuelles. Le cas du Nigérian Gernot Rohr, licencié par la fédération nigériane et qui a obtenu gain de cause devant la FIFA, aurait notamment été évoqué lors des discussions internes au ministère, révèle Jeune Afrique.

L'élément le plus délicat de cette affaire, que Jeune Afrique met en lumière, réside dans le fait que Marc Brys n'est pas employé par la Fecafoot mais directement par l'État camerounais. Cette particularité contractuelle, inhabituelle dans le monde du football, place le gouvernement dans une position juridiquement vulnérable.

Jeune Afrique a découvert que cette configuration contractuelle résulte d'un compromis trouvé en avril 2024 pour résoudre le conflit entre le ministère des Sports et la Fecafoot concernant le recrutement du sélectionneur. En faisant de l'État l'employeur direct, le gouvernement pensait reprendre le contrôle sur l'équipe nationale, mais s'est en réalité exposé à des risques juridiques plus importants qu'une simple fédération sportive.

Des experts en droit du travail consultés par Jeune Afrique expliquent que, dans cette configuration, Marc Brys pourrait même envisager un recours devant les juridictions camerounaises du travail, en plus des instances sportives internationales. Cette double exposition juridique aurait pesé lourd dans la décision de ne pas officialiser le licenciement, selon nos sources.

Jeune Afrique révèle également qu'au-delà du salaire mensuel, Marc Brys pourrait avoir perçu des primes liées à la CAN 2025, bien qu'il n'ait pas accompagné l'équipe au Maroc. Le contrat, dont Jeune Afrique a obtenu copie, prévoit que l'entraîneur bénéficie automatiquement des primes de participation aux compétitions officielles.

Selon les calculs effectués par Jeune Afrique, si l'on applique le barème habituel des primes de la CAF pour une participation à la CAN, Marc Brys pourrait avoir touché entre 15 et 25 millions de francs CFA supplémentaires, même depuis son hôtel à Yaoundé. Une situation que Jeune Afrique a tenté de faire confirmer auprès du ministère des Sports, sans obtenir de réponse officielle.

Au final, révèle Jeune Afrique, le choix du gouvernement camerounais s'apparente à un calcul coût-bénéfice. En maintenant Marc Brys sous contrat jusqu'en septembre 2026, l'État dépensera environ 316 millions de francs CFA. Mais cette somme reste inférieure aux coûts potentiels d'un contentieux international, qui auraient pu atteindre 500 millions de francs CFA ou plus, selon les estimations communiquées à Jeune Afrique par des avocats spécialisés en droit sportif.

Des sources gouvernementales, contactées par Jeune Afrique sous couvert d'anonymat, confirment que cette approche a été validée au plus haut niveau de l'État. "Il vaut mieux payer huit mois de salaire que de risquer une condamnation internationale qui ternirait l'image du pays", confie l'une d'elles à Jeune Afrique.

Cette affaire, révèle Jeune Afrique en conclusion, pose néanmoins la question de la gouvernance du football camerounais et des relations complexes entre l'État et la Fecafoot, un sujet sur lequel les instances internationales du football gardent un œil vigilant.

Source: www.camerounweb.com