REVELATION: voici la liste noire de prêtres assassinés dans l'indifférence au Cameroun

Pretres A Etoudi Image illustrative

Thu, 12 Mar 2026 Source: www.camerounweb.com

À quelques semaines de la visite annoncée du Pape Léon XIV au Cameroun du 15 au 18 avril 2026 — la quatrième visite pontificale depuis le Renouveau National —, une voix discordante s'est élevée avec force. Dans une lettre ouverte officielle, le président de l'Association pour la Défense des Droits des Opprimés (ADDO), Hassana Tchiroma — frère du candidat à la présidentielle Issa Tchiroma Bakary, en exil en Gambie —, interpelle directement le Souverain Pontife et lui pose une question qui brûle les lèvres de nombreux Camerounais : à qui profite vraiment cette visite ?

La lettre, rédigée en termes à la fois respectueux et cinglants, rappelle au Pape une réalité douloureuse que le Vatican connaît mais n'a jamais su faire adresser par les autorités camerounaises : plus de 20 membres du clergé camerounais ont été assassinés depuis 1983, dans des circonstances pour la plupart encore inexpliquées. L'ADDO joint à sa lettre une liste nominative édifiante — de Mgr Jean Kounou, tué le 1er décembre 1983 à Mbalmayo, au Père Engelbert Mveng, assassiné le 23 avril 1995 à Nkol Afeme, en passant par Mgr Yves Plumier, mort le 3 septembre 1991 à Marza Ngaoundéré.

Ce même Mgr Plumier que le Pape Jean-Paul II avait cité nommément lors de son second séjour au Cameroun en septembre 1995, décrivant comme « maheureusement tué par une main criminelle dans des circonstances encore inexpliquées » un pasteur qu'il avait « tant aimé ». Une préoccupation pontificale exprimée en 1995, mais à laquelle aucune justice camerounaise n'a répondu depuis — un silence que l'ADDO juge inadmissible.

L'enveloppe maladroite, les concours truqués et le paradoxe des prières

L'ADDO ne s'arrête pas aux seuls crimes contre le clergé. La lettre convoque un autre épisode humiliant — la remise d'une enveloppe au Pape par « un repris de justice rendu Ministre » lors d'une mission au Vatican, repoussée « honteusement par votre Seigneur sous l'œil de la caméra » — et l'associe aux scandales récents, notamment la liste des enfants de barons du régime admis à l'ENAM, pour brosser un tableau d'un pays où la corruption est « un trophée de chasse » et non une honte.

La conclusion est implacable : « Quatre visites au Cameroun, c'en est trop », écrit Hassana Tchiroma. Et d'interroger : la voix du Pape ne serait-elle pas plus utile au Moyen-Orient, en Palestine ou au Congo RDC, plutôt qu'au chevet d'un régime qui récompense les fraudeurs et emprisonne ses opposants ?

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