Dans une enquête exclusive, Jeune Afrique décrypte les dessous de la campagne présidentielle camerounaise de 2025 et révèle comment le slogan "Grandeur et espérance" masquait l'absence de projet concret pour un pays en attente de renouveau.
"Grandeur et espérance" : un slogan, une vidéo largement générée par intelligence artificielle, et puis plus rien. Jeune Afrique lève le voile sur la campagne présidentielle camerounaise de septembre-octobre 2025, révélant comment Paul Biya aurait substitué les promesses virtuelles aux engagements tangibles.
L'investigation de Jeune Afrique met en lumière un paradoxe sidérant : après 43 années au pouvoir, la vidéo de campagne du président sortant mise essentiellement sur "l'espérance" plutôt que sur un bilan ou des propositions concrètes. Cette production audiovisuelle, massivement générée par IA selon les révélations du magazine panafricain, symboliserait l'artifice d'un pouvoir à court d'arguments et d'inspiration.
Le programme électoral évoquait pourtant quatre piliers : ouverture politique, rajeunissement de l'équipe gouvernementale, probité et intégrité. Trois mois après la victoire du 12 octobre, Jeune Afrique constate que ces engagements restent au stade de l'incantation. Aucune réforme structurelle, aucun signal politique fort, aucune rupture avec les pratiques dénoncées.
Jeune Afrique révèle l'état de délabrement avancé de l'exécutif camerounais. Joseph Dion Ngute occupe la primature depuis sept ans, une longévité record qui contraste violemment avec les promesses de renouvellement. Le magazine documente une série d'événements qui, dans tout système politique normal, auraient provoqué des remaniements immédiats.
Le décès en exercice du ministre Gabriel Dodo Ndoke n'a entraîné qu'un remplacement technique. La démission retentissante d'Issa Tchiroma Bakary pour briguer la présidence a été gérée à minima. Surtout, Jeune Afrique révèle que "plusieurs scandales" récents n'ont suscité aucune sanction politique visible, témoignant d'une impunité systémique au sommet de l'État.
Les sources de Jeune Afrique indiquent que certains opposants auraient cru pouvoir profiter de "l'ouverture politique" annoncée dans le programme présidentiel. Une naïveté que le magazine qualifie implicitement de stratégique : en laissant miroiter des opportunités d'intégration gouvernementale, le régime neutraliserait les velléités contestataires sans jamais concrétiser ses promesses.
Cette technique du miroir aux alouettes fonctionnerait d'autant mieux qu'elle s'inscrit dans une temporalité étirée à l'infini. Jeune Afrique révèle que les opposants ayant misé sur une participation au pouvoir se retrouvent désormais "réduits aux conjonctures", prisonniers d'un système qui les instrumentalise sans jamais les intégrer véritablement.
Dans une information exclusive, Jeune Afrique évoque l'hypothèse d'un report de toutes les décisions politiques majeures jusqu'aux élections législatives prévues en mai 2026. Cette stratégie permettrait à Paul Biya de gagner plusieurs mois supplémentaires, transformant les promesses de campagne en horizon toujours repoussé.
Le magazine conclut son analyse sur un constat accablant : l'espérance promise par la campagne présidentielle serait devenue l'opium politique d'un pays contraint d'attendre indéfiniment des changements qui ne viendront peut-être jamais. Une grandeur virtuelle générée par algorithme pour masquer le vide d'un projet politique épuisé.