Remaniement et Révision constitutionnelle : Cabral Libii surprend le RDPC et crée la surprise

CABRAL LIBII VP Image illustrative

Fri, 3 Apr 2026 Source: www.camerounweb.com

Devant la commission spéciale, le député du PCRN a critiqué le projet de loi instaurant un Vice-Président, qu'il juge insuffisant, et proposé plusieurs amendements, dont la limitation des mandats présidentiels. Le Président du PCRN était d'ailleurs pressenti pour faire son entrée dans le gouvernement.

Le débat sur la révision constitutionnelle a donné lieu à une intervention remarquée de l'honorable Cabral Libii, député du Parti camerounais pour la réconciliation nationale (PCRN). Devant ses collègues de la commission spéciale réunie le 2 avril 2026, l'élu a qualifié le projet de loi de « réforme cosmétique » qui « apporte des changements mais refuse le changement ». Selon lui, l'instauration d'un Vice-Président nommé par le chef de l'État ne transforme en rien l'architecture du pouvoir.

« Un Vice-Président nommé, c'est un citoyen sans peuple. Un pouvoir qui se nomme lui-même n'est pas une démocratie, c'est un cercle fermé », a martelé Cabral Libii, dénonçant un texte qui réorganise le sommet de l'État sans redistribuer le pouvoir. Il a particulièrement alerté sur un scénario où un Vice-Président non élu pourrait, en cas de vacance du pouvoir, achever le mandat présidentiel et nommer à son tour un Vice-Président, créant ainsi une chaîne de succession sans aucun contrôle populaire. « Quand tout commence et tout finit au sommet, la République devient une pyramide et le peuple, laissé à la base, s'écrase », a-t-il lancé.

Face à ce qu'il considère comme des « insuffisances » du texte, le député du PCRN a formulé plusieurs propositions d'amendement. Il plaide d'abord pour que le Vice-Président soit élu dans un ticket électoral avec le Président, ou à défaut que sa nomination fasse l'objet d'une validation parlementaire. « Le pouvoir ne se donne pas entre élites, il se reçoit du peuple », a-t-il rappelé. Il a ensuite appelé à une limitation stricte des mandats présidentiels, proposant un mandat de sept ans renouvelable une seule fois, une réforme qui « reflète les attentes du peuple ».

Sur le front de la lutte contre la corruption, Cabral Libii a exigé que la déclaration des biens et avoirs soit obligatoire, publique et sanctionnée. « La transparence n'est pas une option, c'est une exigence démocratique que la Constitution en soi doit remplir », a-t-il insisté. Enfin, il a proposé que certaines règles, notamment celles relatives à la limitation des mandats et aux droits fondamentaux, deviennent « intouchables », estimant qu'« une Constitution qui peut tout changer peut aussi tout détruire ».

« Le peuple camerounais n'attend pas une réforme cosmétique. Il attend une transformation réelle. Changer les mots sans changer le pouvoir, ce n'est pas réformer, c'est maquiller », a conclu l'élu, appelant ses collègues à « dire non à l'insuffisant, et oui à l'essentiel ». Avant de lancer un avertissement solennel : « L'histoire nous regarde. Le peuple nous écoute. Et l'avenir nous jugera. »

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