Remaniement : les raisons qui bloquent le nouveau gouvernement

SEM Paul Biya Formation du gouvernement

Mon, 8 Jun 2026 Source: www.camerounweb.com

Le nouveau gouvernement, qui aurait pu être formé au lendemain de la prestation de serment suivant la réélection de Paul Biya en octobre 2025, reste bloqué du fait des dissensions dans les hautes sphères de l’État, évoque le journal Cameroun Horizons.

Dans sa parution numéro 59, le média se pose une question : Combien devra-t-on encore pour que la fumée blanche puisse s’échapper des hauteurs du Palais d’Etoudi ? Très peu de Camerounais, d’analystes ou d’observateurs pourraient apporter une bonne réponse à cette lancinante question, des nuages brumeux ayant occulté toute visibilité pour un exercice pourtant banal en démocratie ou en République.

On se souvient qu’en prestant serment le 6 novembre 2025, le chef de l’État avait annoncé que le gouvernement qui allait intervenir « dans les prochains jours » devrait immédiatement se mettre au travail pour essayer autant que faire se peut, apporter des réponses concrètes aux préoccupations des Camerounais. Huit mois plus tard, c’est le statu quo. Une inertie souvent dénoncée par le Président de la République en personne, qui bloque quasiment le fonctionnement du pays.

Selon nos informations, le blocage actuel est la résultante des batailles de positionnement dans les arcanes de pouvoir, chaque camp profitant d’un affaiblissement naturel de Paul Biya, âgé de 93 ans, pour prendre la direction des opérations.

Outre les réseaux du ministre d’État secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, le ministre directeur du cabinet civil à la présidence Samuel Mvondo Ayolo, il faut intégrer l’influence grandissante de l’épouse du chef de l’État Madame Chantal Biya qui aurait son mot à dire dans la prise de certaines décisions engageant la République. Face à cette situation, le Président de la République aurait opté de faire « le mort », laissant des clans se crêper le chignon.

Conséquence, malgré le blocage du pays, malgré « l’impatience » des bailleurs de fonds, en l’occurrence, le Fonds monétaire international (FMI) qui conditionnerait un appui budgétaire à travers le renouvellement des dirigeants dans les entreprises publiques par exemple et en dépit des « conseils » du lobby catholique et dont on a pu mesurer le ton peu diplomatique du pape Léon XIV lors de sa visite apostolique au Cameroun du 15 au 18 avril 2026, le président de la République est resté muet comme une carpe.

Avec ces guerres de clans qui se durcissent et se multiplient, tant qu’il n’y aura pas un nouveau gouvernement, même si celui-ci n’est qu’un simple jeu de chaises musicales, le pays va poursuivre sa descente aux enfers au grand dam d’une population déjà appauvrie et quasiment abandonnée à son sort.

Ainsi donc, le Cameroun peut continuer de sombrer, les Camerounais peuvent toujours suffoquer et ployer dans une pauvreté rampante découlant d’une inflation galopante. Pourtant, le gouvernement actuel en place depuis le 4 janvier 2019 a montré les signes d’essoufflement depuis longtemps.

Les crises sociales s’enlisent à l’instar des violences sociopolitiques qui secouent les régions du Nord-ouest et du Sud-ouest, les détournements de deniers publics s’intensifient, la corruption s’enracine, l’économie bloquée faute d’un catalyseur. Tout le monde peut le constater, le Cameroun emprunte dangereusement le chemin de l’impasse faute d’un leadership assumé à la tête du pays.

Source: www.camerounweb.com