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Business News Mon, 3 Dec 2018

Retrait de la CAN: des conséquences économiques en cascade

Le Cameroun a mal et même très mal. Si de la décision de la Confédération Africaine de Football (CAF) de retirer l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN 2019) de football au Cameroun, le pays subit une sérieuse humiliation sur le plan international, son économie en prend également un sérieux coup. Si des générations et générations devront travailler dur pourrembourser des milliers de milliards de FCFA de dettes consenties pour des investissements inhérents à l’organisation de cette compétition africaine, ilreste que dans l’immédiat, les cadrages macroéconomiques et les simulations de croissance à court terme qui reposaient en grande partie sur les effets induits par le financement des chantiers de la CAN et l'entraînement escompté sur l'économie locale, doivent être revus. Même le Programme Economique et Financier (PEF) avec le Fonds Monétaire International (FMI) avait placé cette CAN au centre des leviers de croissance à court terme de notre économie.

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On se rappelle que lors de la dernière revue du programme par le FMI, Corinne Delechat, le chef de cette mission, fixait les prévisions de croissance du Produit Intérieur Brut (PIB) du Cameroun pour 2019 à 4,4%. Et, cette croissance devait être tirée parles effets induits des chantiers de la CAN. Certes, le gouvernement rassure sur la poursuite et la finalisation de ces chantiers, mais maintenant l’exigence du respect des délais n’est plus de mise, il reste à vérifier que la priorité sera toujours donnée à ces travaux. De plus, la rentabilisation de ces infrastructures sportives n’est pas assurée. Egalement, l’on pourrait même déjà envisager une révision du budget 2019, le cadrage de ce budget ayant accordé une place de choix au financement de l'achèvement des chantiers de la CAN. Une part considérable du Budget d’Investissement Public (BIP) et même des dépenses de fonctionnement ayant été affectée à la réussite de cette grande fête sportive.

En dehors des pouvoirs publics, de nombreux opérateurs privés ont reçu des appuis directs et indirects de l'Etat dont ils devront rembourser, notamment les hôteliers, pour l'achèvement de leurs chantiers en cours. Les mêmes ont investi d'énormes sommes d'argent, en s’endettant auprès des établissements de crédit, pour la réalisation de nouveaux investissements dont le plan de rentabilité était essentiellement adossé à la CAN. Même les banques ont accordé certains crédits sur cette base. Avec le retrait de cette compétition au Cameroun, l’amortissement de tous ces investissements devient dès lors problématique. Sur le plan touristique, les pertes sont inestimables. Le Cameroun qui devait enregistrer de milliers de visiteurs attirés par l’organisation de cette CAN devra donc attendre une autre occasion, et pendant ce temps, ruminer son humiliation.

Source: L'ESSENTIEL N°223
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