0
General News Fri, 21 Dec 2018

Retrait de la CAN: la stratégie du SDF pour avoir la tête de Paul Biya

Le ‘‘parti de la balance’’ exige que toute la lumière soit faite sur le retrait de la compétition au pays par la Caf.

Le groupe parlementaire (18 sièges) du Social Democratic Front (Sdf) à l’Assemblée nationale a saisi, hier mercredi, le président de la Chambre basse, Cavaye Yeguie Djibril en vue de proposer une résolution portant constitution d’une commission d’enquête parlementaire sur le retrait de l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (Can) de football 2019 au Cameroun.

LIRE AUSSI: Kolofata: Boko Haram sème la terreur, les populations crient à l’aide

Rappelant les raisons ayant amené, le 30 novembre à Accra (Ghana), la Confédération africaine de la discipline (Caf) à recaler le pays de l’accueil de cette compétition, les élus de l’opposition, sous la signature de Joseph Mbah-Ndam, s’indignent. Pour eux, cette situation a non seulement amené le président de la République à prendre de faux engagements, annonçant que son pays «sera prêt le jour dit», mais en plus «a mis le peuple camerounais dans une disgrâce sans précédent». Pour les députés du Sdf, un tel état de choses nécessite la mise sur pied d’une commission d’enquête, «aux ?ns d’établir les responsabilités et d’en tirer les conséquences qui s’imposent».

Le parti de Ni John Fru Ndi, à travers cette initiative, agit conformément à la Loi fondamentale reconnaissant, au Parlement, le droit et même le devoir de contrôle l’action gouvernementale «par voie des questions orales ou écrites et par la constitution des commissions d’enquêtes sur des objets déterminés». Le règlement intérieur du Palais de verre, pour sa part, précise que les commissions d’enquête parlementaire sont formées aux ?ns de recueillir des éléments d’information sur des faits déterminés et soumettre leurs conclusions à l’Assemblée nationale.

La démarche du Sdf apparaît également comme une manière de mettre la pression sur l’exécutif, qui à ce jour n’a engagé aucune action en vue de faire la lumière sur la mésaventure, suivie d’une humiliation planétaire, du Cameroun. Où il est constaté que de proches collaborateurs ont fait mentir le président de la République quant à la bonne exécution des travaux d’infrastructures et au respect des délais du cahier de charges de la Caf. Sur le sujet, l’article 87 du règlement intérieur de l’Assemblée dispose qu’«il ne peut être créé de commission d’enquête parlementaire lorsque les faits ont donné lieu à des poursuites judiciaires et aussi longtemps que ces poursuites sont en cours». Et de préciser : «Si une commission a déjà été créée, sa mission prend ?n dès l’ouverture d’une information judiciaire relative aux faits qui ont motivé sa création».

LIRE AUSSI: Bafoussam: le corps d'une femme retrouvé avec des séquelles de torture

Peu avant le Sdf, c’est Cabral Libii, arrivé en 3è position au terme de l’élection présidentielle du 7 octobre avec 6,28% des su?rages valablement exprimés, qui a engagé les hostilités. Il a saisi, par correspondance, les présidents de l’Assemblée nationale et du Sénat «sur la nécessité d'une enquête parlementaire au sujet du retrait de la Can». Le candidat du parti Univers a dit nourrir «le ferme espoir que cette attente pressante du peuple sera comblée par ses représentants élus». Au cas contraire, il promet, l’œil rivé sur 2019, que «le peuple attendra patiemment les élections législatives et municipales».

Source: Infomatin N°433
Related Articles: