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Sports News Mon, 3 Dec 2018

Retrait de la CAN: le Cameroun meurtri par une décision de la CAF

L’inattendu s’est produit le 30 novembre au point de secouer le gratin sportif. Le Comité exécutif de la Confédération africaine de football lors d’une réunion extraordinaire àAccra, Ghana, a décidé que « la prochaine édition de la Coupe d’Afrique des nations 2019 ne peut setenir au Cameroun ». Cette décision a été prise à la suite d’un débat âpre et après avoir « passéen revuelessynthèses des rapports de mission effectuées depuis près de 18 mois au Cameroun ». Le Comité exécutif de la CAF a « constaté que toutesles conditions de conformité n’ont pasétérespectées » et a « évalué l’écart existant entre les exigences et obligations du Cahier des charges dela CAN et la réalité du terrain ». Et suite aux « conclusions des membres de la mission sécurité lors de sa toute dernière visite » en octobre et novembre au Cameroun, la CAF a « estimé qu’un événement dela dimension d’une Coupe d’Afrique des nationsexige une organisation irréprochable ».

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Cette décision de la CAF est « sans appel ». Elle se résout à lancer « un appel urgent à de nouvelles candidatures de pays afin d’assurer le déroulement normal de la CAN aux lieux et places calendaires prévus en été 2019 ». Ce retrait de la CAN a suscité colère et déception auprès des Camerounais. Le gouvernement camerounais, suivant les propos du ministre camerounais de la Communication, Issa Tchiroma a précisé que « cette décision étonnante, à plus d’un titre, nerend assurément justice ni aux investissements colossaux consentis par notre payset qui se traduisent aujourd’hui par de belles infrastructures modernes, visibles de tous, ni à l’engagement déterminé du chef de l’Etat et du peuple camerounais à déployer les efforts nécessaires pour abriter en 2019 une fête éclatante du football africain. ». Désarmé et dans le désarroi d’un pays qui avait retrouvé sa fierté et sa dignité d’organiser une compétition continentale majeure, fort de ce que le « Cameroun sera prêt le jour dit », malgré que « le Cameroun reste un candidat sérieux à l’organisation d’une CAN », Issa Tchiroma va s’arcbouter pour relever à l’opinion nationale et continentale « cette injustice flagrante ».

Cette situation vécue sur le continent comme un cas d’école, la CAF plaque cela sur le visage du Cameroun pour qu’il se regarde dans la glace. Elle lui renvoie ses manquements et ses retards criards dans la conduite des projets infrastructurels sportifs. Lors de la visite du président de la CAF, Ahmad Ahmad le 2 octobre dernier à Yaoundé et suite à une audience à lui accordée parle chef de l’Etat, Paul Biya, il précisait que « la CAF n’a jamais réfléchi à un retrait dela CAN au Cameroun ». Le Cameroun, entre temps, a-t-il dit à la CAF « qu’ilest prêt ou pas » ? On admet que le président de la CAF est resté campé sur sa position. Il a indiqué lors d’une visite au Burkina Faso en 2017 qu’ « en l’Etat actuel des choses, aucun site au Cameroun n’est en mesure d’accueillir la Coupe d’Afrique des nations de football ». Et dire au perron du palais de l’Unité que « jusqu’à preuve du contraire, la Coupe d’Afrique des nationsest au Cameroun » a été un vain mot. Il devient compréhensible que le ministre de la Communication au lendemain de la décision de retrait de la CAF de requérir du « peuple camerounais de garder toute sa sérénité et de ne pas céder à la tentation des polémiquesstériles. » Un tel appel ne peut être entendu. Tant le Cameroun se sent meurtri.

Source: L'ESSENTIEL N°223
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