0
Business News Mon, 3 Dec 2018

Retrait de la CAN: le Cameroun vient de perdre plus de 1500 milliards

Le Cameroun, qui avait misé tout son marketing communicationnel sur lesdites infrastructures sportives, avait également oublié de soigner sa voirie. «Les images d’axes routiers défoncées sont légion, à Bafoussam, Douala, Garoua et Yaoundé sont sidérantes, glisse un délégué du ComEx sous le sceau de l’anonymat. Ici et là, et à quelques mois de l’ouverture de la compétition, il était clair que le gouvernement n’avait aucune stratégie pour améliorer l’état des voiries des villes devant accueillir la compétition.»

Les mêmes écueils et tares sont constatables au plan de l’hygiène et de l’assainissement, des domaines qui n’ont sans doute été aussi défaillants que ces dernières années. À défaut de protéger les citoyens contre les dangers de l’insalubrité, les administrations concernées, totalement inertes, n’avaient visiblement aucune stratégie pour améliorer le cadre d’accueil des centaines de visiteurs attendus à l’occasion de la Can 2019. «Pensez-vous vraiment que la Caf aurait facilement accepté de confirmer l’organisation de cette compétition par votre pays, qui s’avère incapable d’enrayer l’épidémie de choléra depuis juillet 2018 ?» interroge un délégué d’Afrique de l’ouest au téléphone.

Et que dire du volet sanitaire de la compétition ? Une petite visite, par curiosité sur le site du ministère de la Santé publique, permet de renseigner sur le peu de cas accordé à ce secteur sensible, dans l’organisation de tout grand événement. Dieu seul sait pourtant l’état général du plateau technique des hôpitaux camerounais, et la tenue de la Can aurait sans doute constitué un autre traumatisme pour le pays.

Last but not the least, les grands engagements pris par le Cameroun en terme de qualité des services de télécommunications, pour la Can 2019, semblent encore bien loin d’avoir connu un début de matérialisation. Les usagers du téléphone et – pire – d’internet sont mieux placés pour témoigner des piètres performances du pays en la matière. De Plan d’urgence triennal pour l’accélération de la croissance en emprunt obligataire, ce sont au moins 1500 milliards de francs que le Cameroun vient d’engloutir pour accueillir un événement sportif dont l’impréparation crevait les yeux. «Des fonds dont, soupire un délégué de la Caf manifestement au fait du dossier, une grande partie serait allée aux surfacturations et autres rétro commissions.»

Source: Info Matin N°425
Related Articles: