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Sports News Thu, 6 Dec 2018

Retrait de la CAN: voici les plus gros perdants

Le pays tout entier sort perdant après la décision de la CAF du 30 novembre dernier, la presse y compris. Outre l’important investissement déjà engagé, c’est un rêve qui s’écroule pour les Seigneurs de la plume et du micro.

Déjà deux ans que Charles Ndongo, directeur général de la Cameroon radio television (CRTV) annonçait fièrement les mesures qui seront prises pour la couverture optimale de la grand-messe du football au Cameroun prévue pour 2019. En effet, l’office de radio diffusion s’était alors doté d’équipements de dernière génération. Des cars de production « OB-Van » de 16 m de longueur, plus de 2m de largeur et 4m de hauteur. Une nouvelle technologie qu’avait prise le soin d’expliquer Michel-Anatole Ngoube, en ce moment directeur des équipements et moyens techniques de production TV : « Il s’agit de studios mobiles. Du matériel de dernier cri. A l’intérieur, vous avez la régie son, vidéo et le bloc technique, comme dans un studio classique. Ces cars nous ont été livrés par l’entreprise chinoise Start Time. Il s’agit des camions logistiques contenant des caméras et autres grues».

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Un investissement dont l’Etat avait pris plaisir d’appuyer sans ménager aucun effort, avec l’ambition que « le Cameroun entrera dans les annales comme le premier pays africain qui organise la CAN à 24 équipes, avec des conditions techniques comparables à celles que nous connaissons dans les pays les plus avancés au monde. Cela a un coût. (...) C’est pourquoi le budget de mon département ministériel doit mettre à la disposition de la CRTV, les moyens qu’il faut pour relever ce défi. Il y a six sites de compétition et chacun d’eux doit avoir son OB van et d’autres matériels qui sont chiffrés en milliards de FCFA », déclarait dans les colonnes du quotidien bilingue Cameroon-tribune, Issa Tchiroma, ministre de la Communication, par ailleurs président du conseil d’administration de la CRTV.

Dans les médias privés, la préparation n’était pas des moindres qu’il s’agisse des radios, des télévisions ou des journaux de presse écrite. Pour Christian Eloundou, journaliste sportif, « cela fera une grosse perte pour les médias camerounais et ça s’explique à plus d’un titre. Si nous considérons déjà le média public qu’est la CRTV qui avait pris l’engagement de produire lui-même le signal de la CAN et de le mettre à la disposition des autres médias, quand on sait que cela représente une rentrée d’argent on comprend que c’est une énorme perte. De plus la CRTV avait déjà investi d’énormes moyens dans l’optique de la production dudit signal. Une grosse perte également pour les journalistes sportifs qui se réjouissaient déjà du fait qu’au moins pour une fois ils allaient commenter une compétition aussi importante que la CAN à partir de leur pays ».

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À Canal 2 également où les mesures fortes avaient déjà été prises depuis le mondial 2018, l’annonce du retrait de la CAN n’a pas reçu un accueil favorable même si, le discours se veut optimiste comme l’a déclaré Aimée- Catherine Moukouri, journaliste sportive dans cette chaine : « sur le plan personnel je dirais déjà que ça aurait été une expérience exceptionnelle de couvrir chez soi un événement comme celui-là. Une opportunité de côtoyer le football africain dans son ensemble sans avoir à dépenser de frais exorbitant comme lorsqu’il faut faire le déplace- ment pour un autre pays. Surtout si on a jamais eu la chance de couvrir une CAN masculine comme c’est mon cas. Je pense que tout journaliste camerounais aurait profité énormément de cet événement. Maintenant sur le plan global, j’appartiens à un média qui s’investit grandement dans la couverture d’événement sportif. Nous avons su pour les autres compétitions mettre le paquet pour satisfaire les téléspectateurs. Ça aurait été une opportunité d’innover dans les pro- grammes comme le service des sports sait le faire. Bien que nous soyons prêts pour toutes les éventualités celle-là est logiquement une expérience autre qui mérite d’être vécu peu importe de quel point on se trouve ».

Source: L'essentiel N°224
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