Tout commence, rapporte Jeune Afrique, le samedi 22 août 2015, à Matazem. Depuis des semaines, les transporteurs se plaignent de l’état de l’axe qui relie Bamenda à Babadjou, devenu presque impraticable avec le retour des pluies. Leur colère, précise le magazine, est d’autant plus vive que l’État continue de percevoir les taxes routières au poste de péage installé sur place.
Selon Jeune Afrique, les transporteurs immobilisent alors leurs véhicules et bloquent le passage. Le mouvement parvient à John Fru Ndi, leader du SDF, qui avait organisé quelques jours plus tôt une marche de protestation à Bamenda. Face aux médias, il dénonce la « marginalisation des anglophones » et exige le démantèlement du péage. Le magazine relate que l’État cède : le péage est détruit par les manifestants et l’engagement est pris de réhabiliter l’axe.
Jeune Afrique retrace ensuite un chantier chaotique. Dès 2017, un financement de la Banque mondiale permet de lancer les travaux, régulièrement perturbés par les groupes séparatistes. En janvier 2021, une attaque contre des employés de Sogea Satom conduit l’entreprise à invoquer un cas de force majeure et à abandonner le chantier. En octobre de la même année, rapporte le magazine, le cortège du Premier ministre est attaqué à Matazem par des groupes armés.
Pour relancer les travaux, il a fallu reconstituer des lots, recruter des entreprises locales et relever l’enveloppe financière à plus de 145 milliards de F CFA, indique Jeune Afrique. Entre pénuries de carburant, glissements de terrain, emprises non libérées et pauses sécuritaires, huit années se sont écoulées entre le lancement du projet et son inauguration, le 17 septembre 2025, par le Premier ministre Joseph Dion Ngute, à Matazem même.