Dans un document de quatre-vingts (80) pages spécialement conçues pour vanter les réalisations du régime de Yaoundé, le ministère des Travaux publics (MINTP) se bombe bien le torse. Le département que dirige Emmanuel Nganou Djoumessi n’est pas avare en chiffres. «108 projets routiers achevés entre 2018 et 2025 », indique le magazine intitulé « Routes et ponts ».
Le septennat des « Grandes opportunités » qui s’achève, aura permis, peut-on lire, de réaliser de nombreux projets routiers et d’ouvrages d’art, de démarrer certains projets, de programmer le démarrage en 2025 d’un ensemble de projets, et de planifier à très court terme d’autres projets d’importance stratégique.
2077,13 km de nouvelles routes, sur la période 2020- 2024, ont été bitumées sur un objectif intermédiaire de 3000 km (69,24%), correspondant à un retard enregistré de 922,87 km. S’agissant du sous objectif de « bitumage de 4800 km de routes nationales encore en terre », 1176,83 km ont été réhabilitées (49,03%), contre un objectif intermédiaire de 2400 km.
En ce qui concerne l’objectif de réhabilitation, 832,54 km de routes bitumées ont été réhabilitées, sur une cible intermédiaire de 1500 km (55,50%), soit un retard de 667,46 km. La densité du réseau routier bitumé s’améliore dans les régions de l’Est ; du Sud ; de l’Adamaoua ; de l’Ouest ; du Nord ; et du Centre.
Un bilan à première vue encourageant, voire exceptionnel. Mais, l’enthousiasme qu’aurait pu susciter les chiffres du MINTP retombe aussitôt au vu des nombreux projets en cours d’exécution et dont les délais sont largement consommés d’une part, soit à cause des travaux engagés sur certains tronçons vitaux, lesquels n’ont jamais été achevés ; ou encore à cause de nombreux abandons pour des raisons financières, matérielles, humaines ou techniques.
Selon une synthèse remontant en 2025, 141 projets routiers sont en exécution, prenant en compte le bitumage en cours de 1749,43 km, la réhabilitation de 1327,59 km de routes bitumées, l’entretien de 4522,28 km de routes, la construction de 3527,73 ml d’ouvrages d’art et la réhabilitation de 720,00 ml d’ouvrages d’art, pour un volume d’investissement de 2325,472 milliards.
Dans le Centre, 24 chantiers, selon les clarifications du ministère des Travaux publics, attendent toujours, pour un investissement total de 190,472 milliards, prenant en compte 227,46 km de routes en cours de bitumage ; 374,6 km de routes bitumées en cours de réhabilitation ; 177,28 km de routes en cours d’entretien ; 1 023,42 ml d’ouvrages d’art sont en construction, de même qu’un bac. Ailleurs, d’autres chantiers sont au point mort, alors que les entreprises contractantes auraient dû terminer le job depuis longtemps. Il s’agit de l’Adamaoua où sommeillent 16 projets routiers, pour un volume d’investissement de 60,933 milliards de Fcfa ; contre 7 pour l’Est, 20 à l’Extrême-Nord et 18 au Littoral, etc.
Le 17 juin 2026, à Yaoundé, face à cette situation de blocage observée sur certains sites, une réunion de crise s’est tenue à Yaoundé. Face à face, des responsables Emmanuel Nganou Djoumessi, le MINTP, et Léandre Bassolé, directeur général de la Banque africaine de développement (BAD) pour l’Afrique centrale. Tous deux étaient entourés de leurs collaborateurs.
Au cours desdits échanges, ont été examinés plusieurs dossiers pendants et identifiées les mesures pour lever les contraintes à l’exécution de certains projets. Précisément en ce qui concerne la gestion des décomptes pendants du pont sur le fleuve Logone, le processus de contractualisation des missions de contrôle des travaux de reconstruction de la route Ngaoundéré-Garoua, l’état d’avancement du processus de démarrage des travaux Edéa-Kribi et les payements des décomptes de certains projets routiers en exécution dans la région de l’Extrême-Nord, part Union européenne.