5

Sécurité présidentielle: Paul Biya change radicalement de stratégie

Paul Biya Reconnait Lurgence Et Annonce Un Impact Sur L’économie Paul Biya président du Cameroun

Thu, 22 Jul 2021 Source: L'intégration

Menaces réévaluées, bataillons d'élite déployés... Le chef de l'État compose désormais avec des mesures de protection plus sophistiquées qu’auparavant.

Fin de matinée du dimanche 11 juillet 2021 au lieu-dit « Carrefour MvogMbi» (Yaoundé 4e). Arrêt sur image : les rues attenantes sont barrées par des policiers et des éléments de la Garde présidentielle (GP), les commerces alentours sont systématiquement fouillés avant d’être fermés. La raison : en partance pour un « séjour privé en Europe », Paul et Chantal Biya doivent passer par là ce jour. Du Palais de l’Unité à l’Aéroport international de Yaoundé-Nsimalen, le niveau de sécurité est très conséquent. Pas un seul oiseau. Aucun lézard le long de l’itinéraire du cortège présidentiel. Par l’organisation, les acteurs, les méthodes et les moyens, le tout montre, selon le site web de la CRTV, «un dispositif sécuritaire qu’on n’avait plus aperçu depuis le début de la crise sanitaire créée par la pandémie du Covid-19».

Déploiement

C’est que, partant d’une analyse dimensionnelle du renseignement, la sécurité présidentielle a intégré les menaces proférées par certains activistes politiques hostiles à Paul Biya. « Cette donne peut impliquer des acteurs polymorphes, guerriers, criminels ou idéologues pouvant avoir recours à des modes d’action divers, à la fois symétriques et asymétriques », souffle un policier affecté à la sécurité présidentielle. Mécaniquement, la menace a été évaluée à la hausse. Dans un contexte gagné par des rumeurs de toutes sortes, de nombreux stratèges de la garde rapprochée de Paul Biya ont été déployés. Sur la route de Genève, le chef de l'État a bénéficié d'un bouclier aux contours élargis par rapport à ses sorties antérieures. « On a pu observer que plus que par le passé, la sécurité du président a été réorganisée en plusieurs cercles de défense. Le premier, c’est la protection rapprochée, et notamment ce qu’on appelle «l’épaule» du président. Son boulot, c’est d’évacuer la personnalité s’il y a un problème. Le deuxième cercle est un peu plus large, entre cinq et dix mètres. Il arrête les menaces plus lointaines, que ce soit des jets de projectiles, ou une personne qui arrive en courant. Dans le lot, certains des gardes du corps veillent en particulier sur sa femme. Ce dispositif dépend d'une analyse précise des risques de menaces qui pèsent sur le chef de l’État», renseigne une source policière. Celle-ci mentionne que « ces mesures n'ont rien à voir avec une protection de confort. Le président de la République a plusieurs fois été pris à partie verbalement ou cristallisé l'acrimonie d'un certain nombre de déséquilibrés. Cela peut expliquer ce fort niveau de protection.

Restrictions

Paul Biya, qui lors de ses voyages à l’étranger a souvent affiché un style « proche des gens », multipliant les bains de foule impromptus au milieu de ses compatriotes de la diaspora, aurait pris conscience de certains risques. Pour parer à d’éventuelles attaques d’opposants au régime de Biya vivant à l’étranger, les autorités suisses ont renforcé la sécurité à l’hôtel Intercontinental de Genève. C’est ce qu’a annoncé le site Internet du journal Le Temps le 12 juillet 2021. Dans un article intitulé « Le président camerounais Paul Biya est de retour à Genève », le média suisse décrit le système mis en place. « Lundi soir, l’entrée de l’hôtel cinq étoiles, qui accueillait récemment le président américain Joe Biden pour sa rencontre avec son homologue russe Vladimir Poutine, était protégée par plusieurs fourgons de police à Genève. Les officiers étaient lourdement armés. Dans le hall, des gardes du corps camerounais tuaient le temps sur leurs téléphones portables, avec à leurs côtés des agents suisses en civil».

Source: L'intégration