Le secrétaire général de la présidence de la République, Ferdinand Ngoh Ngoh, président du conseil d'administration de la Société nationale des hydrocarbures (SNH), n'a pas été informé de la signature du contrat de partage de production du bloc pétrolier de Bolongo entre la SNH et la société britannique Octavia Energy, selon des informations exclusives. Un signe supplémentaire de la mise à l'écart progressive de l'homme fort du régime.
Le 14 août 2026, un Contrat de partage de production (CPP) a été signé à Yaoundé par Adolphe Moudiki, administrateur-directeur général de la SNH, et Ahmed Nabil Hayel Saeed, président-directeur général d'Octavia Energy Corporation Limited. L'accord porte sur un bloc de 381,56 km² situé en zone maritime, dans le bassin du Rio del Rey, pour un investissement total de 41 millions USD sur sept ans.
Mais selon nos informations, Ferdinand Ngoh Ngoh, qui préside le conseil d'administration de la SNH par construction constitutionnelle, n'a même pas été informé de cette signature. Un fait qui, s'il se confirme, constitue un camouflet pour l'homme qui a longtemps été considéré comme le numéro deux du régime.
Cette information intervient alors que plusieurs signes indiquent une mise à l'écart progressive de Ferdinand Ngoh Ngoh. Selon des sources proches du dossier, son entourage et ses escortes auraient été considérablement réduits, et des instructions venant de Genève lui interdiraient de sortir de Yaoundé . La semaine dernière, il aurait été empêché d'assister à un enterrement en dehors de la capitale.
Le ministre de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji, avait également adressé une mise en garde à l'encontre des ministres et hauts fonctionnaires qui « s'abritent derrière des instructions qui ne viennent pas du Chef de l'État », une allusion à peine voilée à Ferdinand Ngoh Ngoh.
Un contrat stratégique pour le Cameroun
Le bloc Bolongo Exploration, attribué à Octavia Energy à l'issue de la procédure internationale lancée en 2025 par le Cameroun, vise à réévaluer le potentiel du périmètre et à rechercher de nouvelles ressources susceptibles de contribuer au renouvellement des réserves et au maintien de la production pétrolière nationale.
L'engagement financier total de 41 millions USD sur sept ans porte sur un programme minimum de travaux en phase de recherche : retraitement des données sismiques, études géologiques et géophysiques, puis forage de deux puits d'exploration.
Cette mise à l'écart de Ferdinand Ngoh Ngoh, si elle se confirme, serait un signe supplémentaire de la guerre des clans qui oppose les différents réseaux d'influence au sein du régime, en l'absence prolongée de Paul Biya à Genève. Le secrétaire général de la présidence, qui a été accusé par plusieurs lanceurs d'alerte de bloquer toute tentative de résolution de la crise anglophone, pourrait être en train de perdre la bataille pour la succession.