Le séjour de Paul Biya à Genève serait désastreuse pour le Cameroun
Par rapport cas de Paul Biya, dont le séjour prolongé à Genève alimente les interrogations sur sa capacité à gouverner et sa succession, une éventuelle nomination d’un vice-président dans ces circonstances pourrait provoquer une crise de légitimité, nourrir les tensions politiques et fragiliser davantage la stabilité du Cameroun.
Le secret médical des dirigeants nuit à la confiance du public : la nomination d'un vice-président pendant le « court séjour privé » de Paul Biya à Genève serait désastreuse pour le Cameroun selon Michelle D. Gavin
Michelle D. Gavin, chercheuse principale Ralph Bunche pour les études politiques africaines au Council on Foreign Relations (CFR) et ancienne diplomate américaine, a publié un article intitulé « Le secret médical des dirigeants nuit à la confiance du public ».
Dans cette publication, elle explique que le manque de transparence concernant l'état de santé des chefs d'État, comme dans le cas de Paul Biya qui se trouve en « court séjour privé » à Genève depuis plus de deux mois, génère de l'incertitude et fragilise la confiance des citoyens envers leurs institutions. Selon elle, la nomination d'un vice-président dans ces circonstances pourrait être désastreuse pour le Cameroun, car elle risque d'alimenter les spéculations, les tensions politiques et de créer un vide du pouvoir mal géré. Ce manque de clarté compromet ainsi la stabilité politique et entrave le développement démocratique du pays.
« Au Cameroun, les citoyens s'interrogent : leur président, Paul Biya, âgé de 93 ans, reviendra-t-il un jour au pays qu'il prétend diriger ?
Habitué à se rendre fréquemment en Europe, son dernier séjour en Suisse dure depuis plus de deux mois. Les rumeurs concernant sa santé déclinante vont bon train, et la question de sa succession, le poste de vice-président restant vacant, suscite de nombreuses interrogations. Juridiquement, seul Biya est habilité à nommer ce poste. Mais nul ne sait si les décrets émanant de Suisse proviennent réellement du président ou de membres influents de son entourage. Toute nomination effectuée dans ces circonstances risquerait d'être contestée. Le pays pourrait se retrouver en pleine crise, sans procédure légitime pour redresser la situation.
Les conséquences pour le Cameroun – déjà perceptibles pour les investisseurs – pourraient être désastreuses, et l'instabilité pourrait s'étendre au-delà des frontières nationales. », Michelle D. Gavin
Daniel Essissima