Cette absence nourrit un climat d’incertitude
L’absence prolongée de Paul Biya suscite beaucoup d’inquiétudes. Entre rumeurs sur son état de santé, informations contradictoires sur une éventuelle hospitalisation et communication officielle jugée opaque, cette absence nourrit un climat d’incertitude. Un article du journal français Le Parisien souligne l’affaiblissement de l’autorité présidentielle et les interrogations croissantes sur l’avenir institutionnel du Cameroun.
Genève, nouveau centre stratégique du pouvoir camerounais ?
Depuis le 7 juin dernier, le président Paul Biya est en Suisse, marquant une absence inédite de plus de soixante-cinq jours loin de son pays. Dirigeant le Cameroun depuis quarante-trois ans, cette prolongation soulève de nombreuses interrogations quant à sa capacité à gouverner à distance. Le président de 93 ans, dont l'état de santé s'est récemment détérioré, reste invisible pour ses concitoyens, alimentant ainsi rumeurs et spéculations.
Les événements récents ne laissent guère de doute sur la fragilité de sa condition : un malaise survenu le 20 mai dans sa résidence à Yaoundé, suivi par un déplacement en Suisse qualifié officiellement de « séjour privé » mais accompagné d'une importante délégation gouvernementale. Selon plusieurs sources, il serait hospitalisé à Genève depuis début juillet, bien que la présidence démente ces informations.
Face à la montée des rumeurs, le porte-parole du gouvernement a dû réaffirmer publiquement, le 2 août sur RFI, que le président est « en vie », sans toutefois préciser de date de retour. Cette invisibilité prolongée laisse planer une ombre sur la stabilité politique du Cameroun et interroger sur la gestion effective du pays durant cette période critique.
En somme, Genève semble s'imposer comme un nouveau centre névralgique du pouvoir camerounais, où se concentreraient les décisions majeures alors que le chef de l'État reste éloigné et discret. Cette situation inédite marque un tournant dans l'histoire politique du Cameroun, suscitant inquiétude et incertitude dans l'opinion publique.