La célèbre avocate camerounaise Me Alice Nkom a été empêchée d'accéder à son client ce mardi à la Prison Principale de Yaoundé (Kondengui). Elle s'y était rendue depuis Douala, accompagnée de son fils Alain Boris et de son confrère Maître Medou, pour rendre visite au prisonnier politique Djeukam Tchameni, actuellement détenu à Kondengui depuis son arrestation en octobre 2025.
Un « permis de communiquer » inexistant invoqué pour bloquer l'accès
Le motif avancé par l'administration pénitentiaire pour lui barrer la route est, selon Me Nkom, sans fondement juridique : elle n'aurait pas obtenu du commissaire du gouvernement un prétendu « permis de communiquer ». Un document dont l'exigence, affirme-t-elle sans ambiguïté, « n'existe pour aucun avocat souhaitant s'entretenir avec son client afin de préparer sa défense ».
Le droit à la libre communication entre un avocat et son client est un principe fondamental consacré par le Code de procédure pénale camerounais et par les engagements internationaux du Cameroun en matière de droits humains. Subordonner cette communication à l'obtention d'une autorisation préalable du parquet constitue une violation caractérisée de ce droit.
Une affaire qui s'inscrit dans un contexte de répression post-électorale
La démarche de Me Alice Nkom s'inscrit dans le suivi du dossier Djeukam Tchameni, militant politique arrêté dans la nuit du 24 octobre 2025 à Douala-Bonabéri — la même nuit que plusieurs autres personnalités de l'opposition — et transféré au Service des Études et de la Documentation (SED) avant d'être écroué à Kondengui, où il se trouve toujours. Son épouse et ses avocats ont, à plusieurs reprises, dénoncé ses conditions de détention et les entraves à l'exercice de ses droits.
Pour Me Nkom, l'incident de ce mardi est un avertissement que la profession ne peut laisser sans réponse : « Empêcher un avocat de rencontrer son client constitue une atteinte grave aux droits de la défense et à l'État de droit. »