Un abus commis sur une citoyenne
C’est le genre de sort qu’on ne souhaite à personne. « Ma vie est détruite », reconnait la victime. Elle a été trompée et conduite dans un lieu où le bourreau l’a violé. « J’ai déjà envoyé mon histoire partout et personne ne veut m’aider, je ne sais plus quoi faire, il me faut un psy », concède-t-elle.
En 2021, j’étais marketeuse et je travaillais dans la vente de véhicules à Yaoundé. Dans le cadre de mon travail, j’avais l’habitude d’aller à la rencontre des entreprises et des particuliers pour leur proposer nos modèles.
C’est ainsi qu’un jour, un homme m’a contactée directement en se présentant comme officier militaire en service à la présidence. Il m’a expliqué qu’il souhaitait offrir une voiture à sa copine pour son anniversaire. Je lui ai donc proposé de passer à notre agence pour faire son choix. Il a d’abord accepté, mais au dernier moment, il a annulé le rendez-vous pour le reporter au lendemain à 13 heures. Cette fois-ci, il a exigé que nous nous voyions à son lieu de service.
Le lendemain, lorsqu’il m’a envoyé sa localisation, j’ai été surprise. Je m’attendais à aller dans une base militaire ou à la garde présidentielle, mais il m’a fait comprendre qu’il a un cabinet de conseil qui se trouvait plutôt derrière le stade omnisports. En arrivant devant l’immeuble, je ne me suis pas méfiée. Dans mon métier, j’avais l’habitude d’inter visiter des entreprises installées dans ce type d’immeubles.
Il est descendu me chercher et m’a fait monter au dernier étage pour, disait-il, discuter des conditions de vente. Une fois à l’intérieur, j’ai constaté qu’il s’agissait d’un appartement meublé et que nous étions seuls. Il m’a installée, puis est parti dans une autre pièce en me disant qu’il arrivait. J’étais un peu craintive et j’avais envie de partir, mais j’ai eu peur de gâcher une vraie opportunité de vente et je me suis convaincue que je ne m’inquiétais pour rien.
Au bout de cinq minutes d’attente, il est venu accompagné d’un deuxième homme vêtu d’une tenue de gendarmerie sans galons. Cela m’a un peu rassuré, mais après, il m’a demandé brusquement de me lever et de le suivre. Quand j’ai demandé où nous allions, il m’a répondu froidement qu’il n’aimait pas les longs bavardages et m’a lancé : « Tu es venue pour faire quoi ici ? ». Le gendarme s’est mis à rire. Il m’a fait passer devant dans le couloir pendant qu’il me suivait, tandis que le gendarme restait en arrière. Au bout du couloir se trouvait une chambre. Une fois à l’intérieur, il m’a dit qu’en fait, il m’a invité parce que je lui plaisais et qu’il voulait passer du temps avec moi. Prise de panique, je me suis mise à pleurer en lui disant que je ne suis pas venue pour ça. Il a commencé à me demander le prix des voitures en me promettant qu’il pouvait juste me donner le montant de la voiture si j’accepte.
Tétanisée, je l’ai supplié de me laisser partir en lui disant que j’avais 150 000 francs CFA dans mon compte et que je pouvais lui faire un dépôt immédiat. C’est à cet instant précis que son visage a changé. Il semblait comme possédé. Il m’a demandé s’il ressemblait à un bandit ou à un agresseur, puis m’a ordonné de m’asseoir sur le lit et de le regarder dans les yeux, ce dont j’étais incapable. Il a alors ouvert son placard, a pris une liasse d’argent qu’il m’a jetée au visage, m’insultant et me disant : « Maintenant, c’est toi que je vais acheter ».
La terreur m’a envahie, alors j'ai accepté. On a commencé à faire la chose normalement, je ne vais pas dire que ça me déplaisait, mais je considérais ça mentalement comme un viol. À la fin du premier coup, il s’est levé, Il a sorti un fouet du placard et m’a demandé si je voulais jouer à un petit jeu avec lui. Je tremblais tellement que je ne pouvais plus bouger, alors il m’a fouettée, à me toucher et à me serrer le cou avec une violence inouïe. Je pleurais et le suppliais, mais rien ne l’arrêtait. À un moment donné, le gendarme est entré dans la chambre pour tenter d’intervenir, mais le gars en question l’a brutalement chassé en lui criant de ne pas s’en mêler. Le gendarme n’a pas eu d’autre choix que de ressortir, malgré mes appels au secours.
Il a continué son acte. Il m’a violée par toutes les voies possibles, jusqu’à ce que je saigne. Lorsqu’il a enfin terminé, il m’a dit d’aller me nettoyer en me traitant de sale. Quand je suis ressortie de la salle de bain, il m’a ordonnée de me rhabiller et de ramasser l’argent qu’il avait jeté sur moi. J’ai obéi à tout, sous le choc.
Au moment où je m’apprêtais à sortir, il a sorti son arme à feu, m’a menacée en me répétant qu’il était très puissant, qu’il pouvait me faire tuer à tout moment et que j’avais intérêt à garder le silence jusqu’à la fin de mes jours. Je suis sortie et j'ai couru sans me retourner.
Après ce drame, je suis rentrée chez moi complètement détruite et traumatisée. Je n’ai plus jamais remis les pieds à mon travail. J’ai changé de numéro de téléphone et j’ai immédiatement déménagé. Depuis ce jour, je vivais dans une peur constante qu’il me retrouve et tienne sa promesse de me tuer.
Un viol et une menace de mort qui marquent cette victime à jamais. On comprend maintenant pourquoi elle parlait de psychologue parce qu’en effet, il faut faire se suivre.